Salon de l'agriculture La Fnsea désire indexer les prix alimentaires sur ceux des matières premières

AFP

Le président de la Fnsea, Xavier Beulin, souhaite indexer le prix des produits alimentaires sur ceux des matières premières, pour faire face à la flambée des cours, a-t-il indiqué hier lors d'un débat en marge du Salon de l'agriculture.


Il y a 10 ans, le ménage français moyen consacrait
16 % de ses ressources à l'alimentation,
contre 11 % aujourd'hui. (© Terre-net Média)

Les prix de nombreuses matières premières agricoles se sont envolés et ont atteint, en janvier, des niveaux historiques selon l'Onu.

Devant les difficultés du secteur agricole, Xavier Beulin a dit étudier la possibilité « par rapport à une forte volatilité des matières premières, d'avoir une forme d'indexation de ces matières premières sur les produits finis », à la hausse comme à la baisse.

A l'occasion de ce débat organisé par le Syrpa (syndicat des professionnels de la communication dans l'agriculture), le président de la Fnsea a cité l'exemple des compagnies aériennes, qui répercutent les variations de prix du kérosène sur les billets d'avion.

« Le consommateur doit prendre conscience de ce qu'il a dans son assiette »

La proposition a été vue sous un jour favorable par Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), représentant l'industrie agroalimentaire dans le débat. Ce dernier juge, en effet, qu' « il n'y a pas de problèmes de fond ». La proposition a été accueillie avec plus de réserves par Pierre-Alexandre Teulié, secrétaire général du groupe Carrefour, qui représentait la grande distribution.

« C'est intéressant mais ce n'est pas évident », considère-t-il, ajoutant que toute hausse de prix est immédiatement sanctionnée par le consommateur et que dans un marché mondial, les Français ne peuvent pas s'engager dans cette voie seuls.  « Nous arrivons à un moment où le consommateur doit prendre conscience de ce qu'il a dans son assiette, de la valeur des conditions de production du produit », estime pour sa part Xavier Beulin.

Pour faire face aux difficultés du secteur, il a également abordé la possibilité de répercuter différemment les marges dans la filière agroalimentaire ou de réduire certains postes de dépenses comme le marketing ou l'emballage. Sur le thème de la contractualisation, il a fait part de son ambition que les contrats aillent jusqu'au bout de la filière pour impliquer les distributeurs et ainsi les consommateurs. « Il y a 10 ans, le ménage français moyen dépensait 16 % de ses ressources dans l'alimentation, désormais on est passé à 11 %, dans lesquels il y a moins de 3 % de valeur de matières premières d'origine agricole », a-t-il regretté.


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