Barrage de Sivens Hospitalisation d'opposants en grève de la faim

Afp

Toulouse, 21 oct 2014 (AFP) - Trois militants contre le projet de construction du barrage de Sivens (Tarn), en grève de la faim depuis la fin août, ont été hospitalisés pendant huit heures mardi, et l'un d'eux a finalement renoncé à poursuivre son jeûne, a-t-on appris auprès d'un élu écologiste régional et d'un collectif d'opposants.

Ces trois habitants du Tarn, âgés d'une cinquantaine d'années, ont observé « entre 48 et 53 jours de grève de la faim », a indiqué à l'Afp le vice-président (Europe-écologie Les Verts) du Conseil régional et médecin généraliste François Simon, qui les accompagnait aux urgences. L'un des trois, trop fatigué, a décidé d'arrêter son jeûne de protestation. « Mais les deux autres continuent, les bilans de santé n'ayant pas montré à ce jour de lésions de gravité», a dit M. Simon.

 « Ils ont été examinés mardi matin par des médecins urgentistes et sont restés en observation au Chu de Purpan. A partir de 40 jours de grève de la faim, il peut apparaître des lésions irréversibles au niveau rénal ou cardiaque », a dit cet élu Eelv.

Le porte-parole du collectif Testet, Ben Lefetey, a assuré de son côté que ces trois quinquagénaires avaient « perdu chacun entre 16 et 25 kilos ». « Leur demande est très modeste : c'est que le rapport des deux experts mandatés par la ministre de l'Écologie Ségolène Royal soit rendu public », a déclaré François Simon.

Sur le site du projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée, à Lisle-sur-Tarn près de Gaillac, les opérations de déboisement ont été régulièrement marquées par des échauffourées entre forces de l'ordre et opposants. Sans interrompre les travaux, Ségolène Royal avait créé, le 8 septembre, une mission d'expertise pour évaluer « la qualité et l'ambition du projet de territoire et les mesures compensatoires visant à préserver la biodiversité du site ». Les opposants estiment que le ministère cherche actuellement « le scénario qui va le moins fâcher les acteurs », « arrondir les angles », « sans désavouer le Conseil général et les services de l'État du Tarn », selon Ben Lefetey. « A partir du moment où la ministre s'engage simplement à rendre public le rapport d'expertise, leur grève de la faim s'arrête », a-t-il dit.

Une nouvelle manifestation d'opposants est prévue samedi sur le site, à laquelle doivent prendre part le député européen (Eelv) José Bové et le responsable du Parti de Gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon. Le projet public de barrage, porté par le conseil général du Tarn, vise à soutenir l'étiage du Tescou, un petit affluent du Tarn, et à sécuriser l'approvisionnement en eau des fermes voisines.


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