Intempéries Inondations : les agriculteurs demandent l'état de calamité agricole

AFP

Paris, 6 juin 2016 (AFP) - Les agriculteurs touchés par les récentes inondations ont demandé à l'État de déclarer l'état de calamité agricole pour bénéficier du fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) chargé de compenser les pertes dans des cultures pour lesquelles ils ne sont souvent pas assurés.

« Il faut que le plan calamité agricole soit déclenché rapidement, car les assurances inondation pour notre profession, ça n'existe pas », a expliqué à l'AFP Jean-Jacques Rouchaussé, président de « Légumes de France ». Pour les maraîchers, c'est « la pire saison » pour un tel sinistre, car ils ont une récolte en terre, et sont en train de semer ou planter les récoltes de l'été et de l'automne.

Le ministère de l'Agriculture a d'ores et déjà indiqué qu'une prise en charge serait « possible, dans les départements concernés, après étude par le Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA), des demandes de reconnaissance de l'état de calamité agricole pour les pertes éligibles au fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) ». Sur proposition du préfet du département concerné et après avis du CNGRA, la reconnaissance au titre des calamités agricoles nécessite un arrêté du ministère de l'Agriculture. La situation de calamité agricole est alors reconnue pour une zone (commune, département en tout ou partie) et pour une ou plusieurs productions. Le FNGRA, abondé par la taxe incendie/tempête versée par les assureurs et à 50 % par l'État, permet ensuite d'indemniser les agriculteurs confrontés à des pertes de récolte ou de fonds de plus de 30 % suite aux intempéries.

Concernant l'élevage, pour en bénéficier « il faut vraiment être spécialisé dans l'élevage, toutes les polycultures (élevage+céréale) n'arrivent pas à ce plafond en général et ne peuvent pas être éligibles au fonds », explique à l'AFP le président de la Fédération nationale bovine Jean-Pierre Fleury. « Les inondations créent de véritables destructions de prairies saccagées par l'eau, et par les sabots des animaux. L'autre problème c'est la croissance des animaux, perturbés de n'avoir pas été alimentés correctement pendant plusieurs jours d'affilée, et qui font face à des problèmes de parasitisme liés à l'ingestion d'herbe humide sur une longue période », raconte-t-il.

Ce fonds ne bénéficiera pas non plus aux céréaliers qui sont censés assurer eux-mêmes leurs récoltes. Pour les producteurs de grandes cultures qui prennent des assurances individuelles, les remboursements ne « se déclenchent que quand ils ont perdu au moins 30 % de leur récolte, or on n'y est pas encore », indique à l'AFP Arnaud Rousseau, président de la FDSEA Seine-et-Marne. Les vignobles à priori n'ont pas été touchés par les inondations, mais ont beaucoup souffert de la grêle et/ou du gel 15 jours avant, et espèrent aussi un déclenchement de plan calamité agricole, selon Jérôme Despey, viticulteur et président du Conseil Vins de FranceAgriMer. « Les régions touchées par la grêle ont été : 4 000 hectares en Beaujolais, 15 000 hectares en Bourgogne (dont 2 000 en Chablis), 5 300 hectares en Charente (Cognac-Jarnac), et quelques centaines d'hectares dans le Madiran (sud-ouest) ». Or, « sur 800 000 hectares de vigne en France, seuls 15 % ont une assurance vis-à-vis des aléas climatiques», rappelle-t-il.


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