Phytosanitaires L'autorisation d'un produit phyto réexaminée après plusieurs intoxications

AFP

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a annoncé mercredi le réexamen de l'autorisation des produits phytosanitaires à base de métam-sodium à la suite de plusieurs intoxications intervenues ces derniers jours dans le Maine-et-Loire.

« L'Anses réexamine actuellement l'ensemble des autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits à base de métam-sodium », a annoncé une porte-parole dans un message à l'AFP, confirmant une information du quotidien régional Ouest-France. « Les résultats des investigations menées sur les événements récents seront pris en compte dans les décisions prises », ajoute l'Agence. À l'issue du réexamen, l'Anses pourra décider « un renforcement des conditions d'emploi », « le retrait de certains usages » ou « le retrait des autorisations de mise sur le marché », selon la même source.

La semaine dernière, plusieurs dizaines de personnes avaient été intoxiquées à quelques jours d'intervalle, dans deux communes différentes du Maine-et-Loire. Dix-sept personnes avaient été hospitalisées. Le parquet d'Angers a ouvert une enquête préliminaire « pour faire la lumière sur les conditions d'utilisation de ce produit ». Son autorisation a été suspendue par le préfet du Maine-et-Loire, qui a relevé des manquements à la réglementation.

Le métam-sodium, utilisé dans les cultures maraîchères comme la mâche, « présente des effets irritants, sensibilisants et corrosifs pour la peau, les voies respiratoires et les yeux », rappelle l'Anses. Utilisé pour la « désinfection des sols », il dégage un gaz qui tue les champignons, les insectes, les herbes et les vers. La substance active, présente dans 5 produits en France, est autorisée au niveau européen jusqu'en 2022, selon l'Anses. « Les conditions d'utilisation des produits les contenant incluent notamment des modalités de protections pour les opérateurs ainsi que les travailleurs dans les cultures telles que des protections respiratoires, des combinaisons, des bottes etc.. », indique l'Anses qui affirme « que le respect de l'ensemble des conditions d'emploi (modalités d'application, bâchage, etc..) permet également de protéger les riverains ».

Dans un rapport remis en décembre 2017 au gouvernement français, le métam-sodium est décrit comme l'une des « substances les plus utilisées et identifiées comme les plus préoccupantes » avec le metsulfuron méthyle et le sulcotrione. Depuis cette date, son interdiction a été proposée par plusieurs parlementaires par voie d'amendement.


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