Irrigation L'État valide la légalité d'une partie des travaux d'une « bassine »

AFP

Le préfet des Deux-Sèvres a annoncé mardi soir qu'une « mission de contrôle et d'expertise » avait établi la légalité d'une partie des travaux de construction d'une réserve d'irrigation à Mauzé-sur-le-Mignon, chantier qui alimente de vives tensions entre écologistes et agriculteurs. (Article mis à jour le 1er décembre)

« À ma demande, les services de l'Etat ont procédé à une mission de contrôle et d'expertise sur site en lien avec un expert écologue. Il en ressort que les travaux de canalisation réalisés respectent bien les prescriptions de l'arrêté préfectoral » autorisant le chantier, écrit le préfet Emmanuel Aubry dans un communiqué. Selon lui, la Coop de l'Eau, coopérative d'agriculteurs qui porte le projet, a bien procédé aux modifications de tracé demandées avant le début des travaux et visant à « éviter deux parcelles (...) présentant de forts enjeux environnementaux (prairie temporaire humide et arbres têtards) ».

« Toutes les zones humides sont épargnées et préservées », ajoute-t-il, assurant que les travaux engagés « peuvent se poursuivre en toute légalité » à Mauzé-sur-le-Mignon. Le représentant de l'Etat en Deux-Sèvres voulait s'assurer que des « travaux en milieu humide, donc irréguliers en cette période de l'année », n'étaient pas en cours sur le chantier de cette retenue d'eau géante, également appelée « bassine ».

Mardi, sous l'œil de la presse et d'un important dispositif de 70 gendarmes appuyés par un hélicoptère, une trentaine de militants du collectif d'opposants « Bassines Non Merci » ont arpenté la campagne pour constater l'avancement rapide de la réalisation de tranchées et de pose de canalisations de vidange dans la vallée du Mignon, des travaux pourtant « interdits » selon eux. Il s'appuient sur un arrêté, consulté par l'AFP, qui stipule qu'« aucune intervention n'est possible entre le 1er novembre et le 31 juillet (....) en cas de croisement avec un habitat humide ou un cours d'eau ». Julien Le Guet, porte-parole de Bassines Non Merci, s'est dit « plus déterminé que jamais » à faire stopper le projet, géré de manière « absurde » par l'Etat.

Ces dernières années, l'opposition aux « bassines » s'est cristallisée dans les Deux-Sèvres, notamment à Mauzé-sur-le-Mignon où est creusée la première des seize retenues prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise, crucial pour l'alimentation du marais poitevin. Ces dernières semaines, la tension est montée d'un cran, comme le 6 novembre, en marge d'une manifestation d'opposants, lorsque des militants avaient saccagé une retenue d'eau en Charente-Maritime, qualifiée de « bassine de la honte », en raison d'irrégularités. Ces dégradations ont été unanimement condamnés par les ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et de l'Agriculture Julien Denormandie et les deux premiers syndicats agricoles, la FNSEA et la Coordination rurale.

Ces réserves - sorte de cratères recouverts d'une membrane plastifiée - doivent être alimentées par les cours d'eau et nappes phréatiques en hiver, et servir l'été à des agriculteurs irrigants quand la ressource manque, ce qui fait dire à leurs détracteurs qu'elles constituent une « privatisation de l'eau ».


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