Viticulture La Bourgogne se redonne le moral avec la forte hausse à la vente de Beaune

AFP

Dans un contexte de crise, la Bourgogne s'est redonnée le moral dimanche 16 novembre, à l'occasion de la traditionnelle vente aux enchères des Hospices de Beaune avec des chiffres de vente en forte hausse par rapport à l'édition précédente.

Avec une progression de 21,4% par rapport à 2002 pour un montant total de 3,42 millions d'euros, tous les pronostics ont été déjoués, car la plupart des observateurs tablaient sur une légère hausse. Ceci pour deux raisons : le volume réduit de la récolte du fait des conditions climatiques et l'intérêt des acheteurs pour un millésime annoncé comme exceptionnel, issu de raisins sains et bien mûrs.
"Nous avons passé le creux de la vague", a estimé Bertrand Devillard, de la maison Antonin Rodet, tandis qu'Albéric Bichot, de la maison Albert Bichot, voyait dans cette hausse "de bons signes pour les mois qui viennent". La pièce de charité, Beaune Guigone de Salins, du rouge, a été adjugée à 56 000 euros, soit à un prix de 7,7% plus élevé que l'année dernière, une somme que se partageront La Ligue contre le cancer et Médecins du Monde.
Curiosité dans cette enceinte dédiée au vin, elle a été acquise par un producteur de vodka, la société française Belvédère, et par Jean Reno, parrain de Médecins du Monde. A ses côtés, l'actrice Marlène Jobert soutenait la Ligue contre le cancer. "On compte beaucoup sur vous", a-t-elle lancé aux acheteurs. Elle n'a pas été déçue.
Quelques heures avant les enchères, le président du syndicat des négociants, Louis-Fabrice Latour, avait donné le ton, lors d'une conférence de presse, se montrant relativement optimiste malgré les mauvaises nouvelles. "Nous ne voulons pas verser dans la sinistrose", a-t-il affirmé. "Même si les affaires ne sont pas faciles et les chiffres en baisse à l'exportation", a dit M. Latour, les Bourguignons sont "plutôt confiants dans l'année 2004. "Nous avons de grands millésimes en 2002 et 2003", a-t-il expliqué.
Cependant, même si le millésime est bon, l'année restera comme une mauvaise année dans le domaine des ventes, en particulier aux Etats-Unis. Le niveau de l'euro et l'effet d'un boycottage en raison de la position de la France sur la guerre en Irak ont pénalisé les vins français.
"Nous avons vécu le printemps le plus difficile de l'après-guerre", a noté Louis-Fabrice Latour, qui a cependant parié sur une reprise outre-Atlantique et s'est réjoui de la bonne tenue sur le marché français, où est écoulée la moitié de la production bourguignonne. Il reste maintenant à récupérer les parts de marché perdues. Après la première guerre du Golfe, cela avait demandé deux ans aux opérateurs bourguignons. Présent dimanche matin, le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, a assuré que l'Etat n'oublierait pas les producteurs de vin français et les soutiendrait, dès le début de l'année prochaine, pour la "reconquête" des Etats-Unis. "II ne faut pas mélanger les considérations politiques et les considérations gustatives", a-t-il lancé, interrogé par un journaliste américain.
Dimanche soir, à l'issue de la vente, le PDG de la maison Louis Jadot, Pierre-Henry Gagey, se félicitait d'avoir vu "beaucoup d'Américains". "C'est un bon signe", s'est-il réjoui.



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