Crise à Tereos La direction s'estime confortée à l'issue de l'AG

AFP

Après deux ans de bras de fer avec une partie de ses coopérateurs, la direction du premier sucrier français Tereos (marque Béghin Say), estime avoir passé un cap crucial dans la sortie de crise en obtenant mercredi un conseil de surveillance acquis à sa stratégie.

Le groupe sucrier, deuxième mondial (marque Béghin Say) est miné depuis deux ans par un bras de fer entre une partie de ses coopérateurs et la direction, à laquelle ils reprochent sa stratégie financière, alors que le groupe, endetté, a dû faire face, comme l'ensemble du secteur, à un effondrement des cours du sucre.

« Les conseillers de région ont élu leur conseil de surveillance dont la majorité des membres, 17 sur 24, soutient la stratégie décidée par le précédent Conseil et mise en oeuvre par le Directoire », a indiqué la direction dans un communiqué.

Contacté par l'AFP, Gilles Bollé, un des chefs de file de la contestation, a estimé pour sa part que l'élection avait donné une sorte de match nul : « malheureusement, on ne prend pas la majorité, mais les autres ne l'ont pas non plus ».

Interrogée par l'AFP, la direction maintient ses déclarations, précisant que les 17 élus dont elle se targue d'avoir le soutien sont issus de l'ancien conseil de surveillance ou de la liste présentée par ce dernier. Le président sortant du conseil de surveillance François Leroux a en revanche d'ores et déjà été battu, tout comme le chef de file des frondeurs, Gérard Clay, qui s'était présenté face à lui l'an dernier, car ils ne figurent pas parmi les 24 membres élus, selon des sources concordantes.

Un nouveau président du conseil de surveillance sera donc élu « dans les prochains jours », a indiqué la direction, qui affirme que la date n'a pas encore été fixée. Le conseil de surveillance est chargé de valider les grands arbitrages financiers et la stratégie du groupe, proposés par le directoire.

Par ailleurs, l'assemblée générale a refusé l'exclusion de la coopérative des trois leaders de la contestation, décidée par la direction en août dernier, au plus fort de la crise, a indiqué à l'AFP Gilles Bollé, l'un d'entre eux. Ce sujet sensible était le premier à l'ordre du jour de l'assemblée générale qui s'est déroulée à huis clos, à Saint-Quentin.

Plainte pour dénonciation calomnieuse

Après un an de désaccords en interne, la crise avait éclaté au grand jour à l'été 2018, lorsque les meneurs de la fronde avaient porté sur la place publique leur désaccord sur la « gouvernance défaillante » du groupe. La direction avait décidé de lancer une procédure d'exclusion des trois contestataires : Gilles Bollé, betteravier dans l'Oise, Gérard Clay, exploitant dans le Pas-de-Calais, et Xavier Laude, installé dans le Nord. Une procédure suspendue par la justice le 20 décembre, mais qui n'avait pas empêché le bras de fer de se durcir encore quelques mois plus tard.

Au mois de mars, les contestataires avaient même déposé une plainte contre Tereos, accusant le groupe d'avoir maintenu des livraisons en Syrie de sorbitol, un ingrédient utilisé dans la fabrication d'armes et retrouvé dans des caves du groupe Etat islamique. La plainte avait été rapidement classée sans suite, mais la direction du groupe, dénonçant une tentative d'« instrumentaliser la menace terroriste que connaît notre pays pour servir une lutte de pouvoir », a à son tour porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

Les frondeurs, qui ont sans succès tenté de provoquer la révocation du conseil de surveillance, espéraient mettre un terme à la stratégie de diversification et œuvrer au désendettement du groupe en reprenant la main lors de ce vote, notamment après la publication des derniers résultats.


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