Agriculture et biodiversité La FNSEA et Imagin’Rural veulent mettre le turbo en faveur de la biodiversité

Terre-net Média

La FNSEA et l’association Imagi’Rural, qui fédère les « associations départementales pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles », ont scellé un partenariat, baptisé « Epiterre », pour faciliter et accompagner les projets des agriculteurs en faveur de la biodiversité. L’initiative vise à développer et mutualiser les démarches « gagnant-gagnant » pour la production agricole et la biodiversité.

Présentation de la démarche Epiterre, par la FNSEA et le réseau Imagin'Rural.Henri Biès-Péré, Christiane Lambert, Henri Bonneau et Hervé Lapie ont présenté, jeudi 25 avril 2019, la démarche Epiterre, partenariat entre la FNSEA et le réseau Imagin'Rural. (©Terre-net Média)

« Souvent pointée du doigt comme une des principales responsables du déclin de la biodiversité, l’agriculture française a, certes, un impact du fait de son activité sur le territoire, mais elle participe à la préservation de la nature en entretenant les paysages et en gérant les écosystèmes ruraux », a expliqué Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Le syndicat a présenté, jeudi 25 avril 2019, le partenariat qu’il a développé avec Imagin’Rural, le réseau des Adasea (Associations départementales pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles, NDLR). Une alliance en faveur de la biodiversité qui se traduit par une entreprise commune, baptisée « Epiterre », chargée d’accompagner les projets en faveur de la préservation de la biodiversité.

« Il ne faut pas être dans le déni, a poursuivi Christiane Lambert. Le déclin de la biodiversité est constaté. Et il y a plusieurs raisons : l’artificialisation des sols, le changement climatique, les pollutions diffuses ou non ou, plus globalement, la transformation du paysage. L’agriculture a aussi sa part de responsabilité. »

De nombreuses entreprises communiquent sur leur démarche RSE en faveur de la biodiversité. « Toutes les 10 courses, le réseau de taxis parisiens, plante un arbre », a illustré la présidente de la FNSEA. « Le monde agricole, avec des projets locaux et collectifs, souhaite aussi apporter sa part à cet enjeu.

La structure Epiterre se propose ainsi d’accompagner les agriculteurs, entreprises, collectivités, pour mettre en place des « contrats de prestation de service environnemental ». Avec ce contrat, « le client, privé ou public, s’engage à rémunérer un agriculteur pour effectuer une prestation à but environnementale sur le territoire de son exploitation ».

Les éoliennes et pylônes électriques, de potentiels « nids » à biodiversité

En matière de rémunération de services environnementaux rendus par les agriculteurs, sujet de plus en plus débattu dans le cadre, notamment, de la réforme de la Pac, l’approche d’Epiterre « est différente du dispositif des MAEC ». Les MAEC lient un agriculteur à l’État, qui subventionne, avec les fonds européens de la Pac, une action bien précise sur son exploitation. Le contrat Epiterre vise plutôt à lier un groupe d’agriculteur avec une ou plusieurs collectivités ou entreprises qui souhaitent compenser positivement leur activité en matière de biodiversité.

« En Champagne-Ardennes, on dénombre 600 éoliennes. La doctrine actuelle tend à ce que chaque éolienne soit compensée, sur le plan environnemental, par la mise en jachère de deux hectares, a illustré Hervé Lapie, président de la FDSEA de la Marne. C’est aberrant ! Nous avons donc proposé un contrat pour aménager, et non pas supprimer, le foncier agricole. »

Idem pour les très nombreux pylônes électriques. « Au lieu de compenser l’installation de nouveaux pylônes par la mise en jachère ou le boisement d’hectares de terres agricoles cultivées, nous proposons des projets d’aménagement sur la surface d’emprise des pylônes pour qu’ils deviennent des points de biodiversité. »

De son côté, le réseau Imagin’Rural a, depuis des années, développé des actions « gagnant-gagnant » entre production agricole et préservation de la biodiversité, « en mettant l’homme au cœur des projets », a expliqué Henri Bonneau, représentant d’Imagin’Rural.

Les représentants de la FNSEA et d’Imagin’Rural espèrent aussi une utilisation « intelligente » des 150 M€ alloués au plan biodiversité, mis en place le 4 juillet 2018.

En savoir plus >> le site d’Epiterre

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