[Edito] Cyrille Rimaud, agriculteur La vraie richesse, c’est la qualité de vie !

Cyrille Rimaud Terre-net Média

Cyrille Rimaud, éleveur laitier dans l'Ain, réagit dans l'Edito agriculteur de Terre-net Magazine n°27 à l'opposition chronique entre les céréaliers et les éleveurs, sujet de la rubrique Tri angles du numéro précédent.

Cyrille Rimaud, éleveur laitier dans l'Ain.
En Gaec avec son frère, Cyrille Rimaud élève 75 vaches laitières prim'holsteins sur 120 ha (50 % en herbe et 50 % de céréales). (© Cyrille Rimaud)
Votre titre "Salauds de riches contre pauvres victimes" (Terre-net Magazine n°25 d’avril 2013, rubrique Tri angles, paru aussi sur Terre-net.fr, Ndlr) est provocateur mais pourtant vrai !

Oui, les céréaliers ont engrangé des primes compensatrices alors que les cours payaient suffisamment pour dégager un revenu décent. Mais ce n’est pas de leur faute si les aides sont déconnectées de la réalité des prix. Ils ne font que profiter d’un système technocratique de soutiens trop rigide dans une Europe agricole de plus en plus libérale. Ce système inéquitable doit être reformé pour être défendu devant le grand public.

De trop nombreux éleveurs arrêtent la production laitière surtout à cause de contraintes de travail insupportables. La fuite en avant vers toujours plus de volumes de lait a ses limites car elle nécessite des investissements importants à long terme. Les robots de traite sont des leurres qui font d’abord le beurre des marchands sans réduire le nombre de chômeurs. Désoeuvrés, ces derniers tournent en rond alors que, dans nos élevages, on s’épuise d’un travail basique et quotidien : drôle de société ! Pendant ce temps-là, sans quota sur les Dpu, un céréalier peut avaler allègrement la ferme de son voisin avec l’achat d’un tracteur plus gros.

Oui, les laitiers sont trop esclaves de leurs vaches et vivent sur une autre planète sociale, avec toujours autant d’heures de travail depuis 30 ans. Ils se recroquevillent sur eux-mêmes, ne croient plus à la défense collective de leur métier et se laissent étouffer par les requins de la grande distribution.

La vraie richesse qui fait défaut aux éleveurs, c’est la qualité de vie, le temps de voir ses enfants grandir, de prendre des vacances, de voyager, de rester jusqu’au bout de la fête sans revenir traire, d’être actif dans une association ou de prendre des responsabilités dans le monde agricole ou ailleurs. Alors oui, chers "pauvres collègues éleveurs", réveillez-vous ! Groupez-vous pour un avenir "vachement" meilleur !

Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°27

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