Recherche et innovation en agriculture Le Cese veut rendre la recherche plus efficace et l’innovation plus acceptée

Terre-net Média

Le Conseil économique, social et environnemental a rendu un avis, mardi 8 janvier 2019, en matière d’innovation en agriculture. L’institution préconise d’ouvrir davantage la recherche en agriculture aux attentes des citoyens et des professionnels, pour à la fois accroître son efficacité et favoriser l’adhésion de la société.

[Vidéo] Comment l’innovation en agriculture pourra-t-elle permettre de répondre aux enjeux des trois piliers, économique, social et environnemental, du développement durable au regard des nouvelles attentes des consommateurs ?

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« Notre société française a quand même une relation complexe avec l'innovation en agriculture. De nombreux sondages montrent que les Français ont une image rêvée d'une agriculture d'antan et on n'associe pas forcément les innovations avec l'agriculture », a expliqué Anne-Claire Vial, l'une des deux rapporteures membres du Conseil économique, social et environnemental. Mardi 8 janvier 2019, l’institution consultative a rendu un avis sur l’innovation en agriculture. Le texte a été adopté à 132 voix pour, 41 abstentions et 3 voix contre.

Le groupe environnement du Cese s'est abstenu, regrettant que l'avis n'aille pas plus loin sur le plan environnemental. Soulignant que la France a, avec les scientifiques de l'Inra, des « chercheurs de très haut niveau en agronomie », Anne-Claire Vial a ajouté que l'agriculture, « de manière continue, a bénéficié d'innovations ».

Afin de faciliter l'innovation dans le secteur agricole, le rapport souligne que cette dernière doit être davantage tournée vers les attentes des citoyens, être « humaniste », selon la rapporteure. Elle évoque ainsi la lutte « contre la faim, diminuer voire supprimer les effets collatéraux sur l'environnement, maintenir la biodiversité ».

Le rapport préconise également une recherche davantage en prise avec les attentes des producteurs, en puisant dans les plans de filières conçus dans le cadre des États généraux de l'alimentation. Si le rapport porte davantage sur les « chemins » à emprunter, il évoque tout de même quelques exemples déjà existants à populariser, comme les regroupements d'agriculteurs pour mettre en place des circuits de vente directe, exemple d'innovation organisationnelle, ou le projet « Brie'Eau », qui consiste à améliorer la qualité des eaux souterraines.

Dans son ensemble, le rapport expose 12 préconisations :

  1. Relever les défis prioritaires grâce à l’innovation ;
  2. Associer toutes les parties prenantes à la définition des finalités de la recherche ;
  3. Permettre à la société de se prononcer en connaissance de cause sur l’acceptabilité des innovations issues de la recherche ;
  4. Adapter les modalités et les contenus de la recherche aux défis à relever ;
  5. Conforter la recherche fondamentale et rendre plus efficiente l’organisation de la recherche française ;
  6. Renforcer les liens entre recherche, innovations et formation ;
  7. Aider financièrement les démarches institutionnelles, associatives et coopératives innovantes ainsi que leur accompagnement ;
  8. Encourager l’innovation au sein des filières en veillant aux conditions de son déploiement par les agriculteurs et les agricultrices ;
  9. Favoriser l’innovation sociale grâce à l’implication des salariés ;
  10. Pérenniser, analyser et évaluer les stratégies nationales d’innovation, identifier les démarches innovantes et valoriser les réussites ;
  11. Evaluer et limiter les risques induits par les nouveaux outils ;
  12. Assurer la sécurité des données agricoles.

Pour aller plus loin >> Le rapport du Cese sur l’innovation en agriculture:


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