Édito Le courage d'y croire encore

Terre-net Média

Le mois dernier, Robin vous exhortait à retarder l’échéance d’une fin malheureuse (1). De retour d’une parenthèse maternelle, je souhaite plus que jamais vous sortir la tête du purin et plus que retarder une possible fin, vous encourager à l’éviter.

Père et fils au champ.Avoir le courage d'y croire encore pour préserver le plus important, vous. (©Irina Schmidt/Fotolia)

J’ai envisagé de changer complètement de sujet. Mais, j’ai eu beau chercher, ces deux mois de rentrée n’autorisent aucune digression. C’est la crise ! Nous écrivons et publions, vous lisez et commentez. Si les manifestants ne sont plus dans les rues, les esprits restent bien échauffés. Quel que soit le thème, machinisme, productions végétales ou animales, témoignages d’agriculteurs, avis d’expert, conseils techniques… vos réactions invitent à la révolte, contre le système, contre les coops, les privés, le gouvernement…, chaque article sert d’exutoire.

Même les partages d'expériences de vos confrères prêtent à discrimination. Car trop gros (en surface), écolos, ou encore vendus à la distribution. Pourquoi fustiger ceux qui empruntent une autre voie ? Seul le prix compte. C’est vrai en grande partie, mais votre résultat dépend aussi des charges. Quand certains font tout bien comme il faut et ne s’en sortent pas, combien d’autres répètent chaque année les mêmes erreurs et ne s’en sortent plus. À la rédaction, nous croyons que beaucoup d'entre vous disposent encore d’une marge de progrès. Celui qui déprime, mais qui aura quand même déchaumé trois fois, désherbé, roulé, avant de semer… trop tôt. Tous ceux qui ont fini leurs semis au 6 octobre alors que le créneau optimal s'étend du 10 au 20 octobre… Chaque exploitation est unique au niveau pédoclimatique, de son organisation, son équipement. Le cours du blé, lui, est le même pour tous, comme les bases de l’agronomie d'ailleurs.

Et puis qu’écrire si nous omettons ceux qui réussissent ? Dans quel but ? Alimenter le débat ? Divertir ? Ou vous accompagner vers la sortie ? Et pourquoi pas ! L’agriculture n’est pas le premier secteur en crise. Les petits commerces indépendants de nos centres villes ont presque tous disparu sous la pression des nouveaux modes de consommation. Combien d’affaires familiales ont ainsi vu leur avenir stoppé par l’essor de la grande distribution, la vente en ligne, le low-cost. Ça ne vous rappelle rien ? Chefs d’entreprise, vous avez en permanence des choix à faire. Et parfois des décisions importantes à prendre. Continuer dans la même direction, en changer, arrêter. Même s’il faut du courage pour refondre son système, pour y croire encore, et le contexte n’aide pas à réfléchir sereinement. Pourtant c’est le moment. Regardez autour de vous, les exemples de diversification, de double activité, de filières alternatives sont nombreux. Sans rien s'interdir : relativiser son engagement, réfléchir à une autre voie, trouver du réconfort. L'essentiel reste vos amis, votre famille, vous.


 

(1) En référence à : [Edito] Crise laitière « Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente » 


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