Barrage de Sivens Le déboisement s'intensifie

Afp

Albi, 10 sept 2014 (AFP) - Les promoteurs du barrage controversé de Sivens dans le Tarn ont débuté mercredi le déboisement d'une nouvelle parcelle, a-t-on appris auprès des opposants au projet qui dénoncent un « passage en force ».

Quelque 150 gendarmes mobiles ont délogé de leur « quartier général » sur place les opposants au barrage pour permettre aux engins de déboisement de défricher une zone jusqu'ici épargnée, a rapporté à l'Afp par téléphone Guillaume, un militant. Cette nouvelle intervention des forces de l'ordre fait suite à une décision de justice vendredi qui autorisait l'expulsion de cette parcelle où les opposants au barrage avaient installé leur lieu de vie. « Il y a manifestement une volonté de passage en force », a dénoncé Guillaume, résumant le sentiment général des opposants au projet.

Ben Lefetey, président du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, actuellement en grève de la faim, a rappelé qu'un recours en référé demandant la suspension des travaux devait être examiné le 15 septembre par le tribunal administratif de Toulouse.

Les députés européens José Bové (Europe Ecologie-Les Verts) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) ont, avec des dizaines d'élus locaux ou régionaux de leurs partis, demandé « l'arrêt immédiat du déboisement », dans une lettre ouverte au président socialiste du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac. Cette cinquantaine d'élus Eelv et Front de gauche de Midi-Pyrénées demandent « que cessent les violences incompréhensibles à l'égard des opposants au projet de barrage » et « qu'un moratoire soit décidé sur le projet avec l'arrêt immédiat du déboisement ». Leur texte accuse M. Carcenac de vouloir « passer en force pour irriguer l'agriculture intensive du département ».

Le barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau doit être construit sur la « zone humide » du Testet. Ce projet public vise à soutenir l'étiage du Tescou, un petit affluent du Tarn, et à sécuriser l'approvisionnement en eau d'une vingtaine de fermes avoisinantes.

Mais les opposants - soutenus au niveau national par Europe Écologie-Les Verts (Eelv) - se disent résolus à empêcher la destruction de cette « zone humide », un réservoir de biodiversité qui abrite des dizaines d'espèces protégées d'animaux et dénoncent, sur le fond, un modèle d'agriculture irriguée selon eux dépassé.

Lundi, ils pensaient avoir fait progresser leur cause, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal ayant annoncé l'envoi d'experts pour évaluer le projet. Mais le président socialiste du Conseil général du Tarn, Thierry Carsenac a depuis opposé une fin de non recevoir à tout moratoire, assurant que le projet répondait « pleinement aux objectifs de Ségolène Royal ». Le député socialiste du Tarn Jacques Valax a abondé en son sens, jugeant par ailleurs le mouvement de contestation « irresponsable ». Mercredi matin, une vingtaine de militants campaient devant le Conseil général à Albi, qu'ils avaient brièvement occupé mardi avant d'en être délogés par les forces de l'ordre. 


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