Gaspillage alimentaire Le PAM-France souhaite que la loi française devienne européenne

AFP

Le Programme alimentaire mondial, agence humanitaire de l'Onu qui lutte contre la faim dans le monde, espère que la loi française de lutte contre le gaspillage alimentaire, votée il y a tout juste deux ans, deviendra une directive à l'échelle européenne.

« Nous soutenons la loi (adoptée le 3 février 2016, qui oblige les supermarchés à donner leurs invendus alimentaires aux associations qui les réclament NDLR) ainsi que la pétition européenne d'initiative citoyenne demandant une loi similaire à l'échelle européenne », a déclaré à l'AFP Geneviève Wills, représentante en France du Programme Alimentaire mondial (PAM).

Geneviève Wills participait vendredi à Bécon-les Bruyères (Hauts-de-Seine) à une livraison au Secours Populaire d'aliments non commercialisés d'une grande surface de la ville, organisée devant la presse pour marquer le deuxième anniversaire de la loi.

Vendredi soir, la pétition #stopFoodWaste, lancée par Arash Derambarsh, conseiller municipal de Courbevoie (Hauts-de-Seine) et l'un des promoteurs de la loi anti-gaspillage, avait recueilli plus de 981.000 signatures.

« Selon le traité de Lisbonne, les pétitions d'initiative populaire doivent recueillir un million de signatures équitablement réparties dans l'Union européenne pour que le projet de loi puisse arriver sur la table de l'UE » a dit Arash Derambarsh à l'AFP. « En 2018, j'ai confiance, ce texte sera présenté par la France sur la table du conseil européen » pour obliger l'ensemble du système de distribution alimentaire européen à participer à l'effort anti-gaspillage, a prédit Arash Derambarsh. 

Geneviève Wills, pour sa part, estime que cette initiative est déclinable en Afrique où les supermarchés se multiplient aussi. « Dans des pays comme le Cameroun, le Burkina Faso, le Bénin, la RDC, la Côte d'Ivoire et la Guinée, il y a de plus en plus de supermarchés avec l'augmentation de la classe moyenne et pas mal de gaspillage aussi » a-t-elle dit.

En France, la loi a permis de faire augmenter de 22 % le nombre de repas distribués par les associations aux personnes qui ont faim, par rapport à 2015, a souligné Geneviève Wills. « J'ai bon espoir que le texte devienne une directive européenne » a-t-elle ajouté en se disant « inquiète » de voir que « l'insécurité alimentaire » a recommencé à augmenter dans le monde après une baisse continue pendant plusieurs années, et alors « qu'il y a assez de nourriture pour tout le monde ».

La loi française, portée à l'Assemblée par le député socialiste Guillaume Garot, fixe la hiérarchie des actions à mettre en place pour récupérer et valoriser les denrées alimentaires et pour éviter leur gaspillage. Elle rend ainsi obligatoire le recours à une convention pour les dons réalisés entre un distributeur de denrées alimentaires et une association caritative. Elle prévoit aussi une sanction pour éviter la destruction volontaire de denrées encore consommables par les commerces de détail, et modifie le régime juridique de la responsabilité des producteurs du fait de produits défectueux, afin de lever le blocage des dons de biens alimentaires sous marques de distributeur par leur fabricant.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous