Agrofournisseurs et grand public Expliquer les pratiques des agriculteurs et de leurs fournisseurs

Terre-net Média

L’opinion publique a droit de vie ou de mort sur les agrofournisseurs d'aliments, d'engrais ou encore de produits de protection des plantes. Aussi, ces entreprises déploient une multitude de stratégies de communication pour expliquer et pour convaincre les consommateurs. Objectif : montrer que leurs activités et que les pratiques culturales ou d'élevage qu'ils promeuvent, sont en phase avec les aspirations de la société à une agriculture durable et à des produits agricoles sains et de qualité.

Paysage travail du sol Les agrofournisseurs veulent montrer que leurs activités industrielles et les pratiques culturales ou d'élevage des agriculteurs ne sont pas en contradiction avec les aspirations de la société à des pratiques agricoles durables, à une alimentation saine ou encore à la préservation de la biodiversité. (© Terre-net Média)  

« L e citoyen se mêle de tout, a un avis sur tout et c’est même lui qui influence les responsables politiques sur les choix à faire en matière de protection des plantes ou de cultures de végétaux génétiquement modifiés… sans avoir pris conscience que certaines de ses revendications desservent en fait tôt ou tard ses intérêts ». Ces propos sont ceux de François Burgaud, directeur des relations internationales au Gnis (semences).

Mardi 25 novembre dernier, il ouvrait le colloque intitulé "Quelle stratégie de communication et de lobbying pour les agrofournitures ?" organisé conjointement par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) et le Syndicat des rédacteurs techniques de la presse agricole (Syrpa). Y participaient aussi quatre autres représentants des filières d’agrofournisseurs (phytos, engrais, alimentation, machinisme) : Gilles Poidevin (Unifa), Nicolas Marquet (Uipp), Stéphane Radet (Snia) et Alain Savary (Axema).

La stratégie de communication et de lobbying de ces entreprises, et des fédérations professionnelles dont elles sont membres, vise, entre autres, à montrer que leurs activités industrielles ne sont pas en contradiction avec les aspirations de la société à des pratiques agricoles durables, à une alimentation saine ou encore à la préservation de la biodiversité.

Les faiseurs d'opinions redoutés

Or pour l’opinion publique, ce sont justement ces agrofournisseurs qui altèrent l’image des agriculteurs. Ils sont, selon elle, à l’origine de tous les maux dont est victime l’agriculture (industrialisation, pollution des nappes phréatiques, malbouffe, etc).

Les gens qui ont une influence sur l’opinion publique en tenant des arguments en dépit de toute rationalité scientifique sont le problème.

(Stéphane Radet, Snia)

Selon les cinq intervenants du colloque de l’Afja, l’art de communiquer repose sur la capacité de repérer les faiseurs d’opinions et de comprendre leurs arguments afin de déployer la stratégie adéquate pour faire passer le bon message et se faire comprendre.

Dans ce genre d’exercice, « les gens qui ont une influence sur l’opinion publique en tenant des arguments en dépit de toute rationalité scientifique sont le problème », défend Stéphane Radet, du Snia.

Aussi, le travail de communication et de lobbying des agrofournisseurs réside dans la nécessité de trouver les arguments pertinents pour inciter ces faiseurs d’opinions à revoir leurs positions. Et c’est par l’affectif, et surtout pas en s’opposant à eux, qu’ils peuvent espérer calmer leurs hostilités et séduire par ricochet l’opinion publique. Mais mettre en avant une gamme de produits écolo-compatibles reste, dans tous les cas de figure, l’option la plus efficace pour réussir une campagne de communication.

Les agrofournisseurs paraissent ainsi non seulement en phase avec les préoccupations de la société mais ils sont, de fait, les piliers incontournables de toutes les formes d’agriculture. Conscients toutefois que le moindre accroc sanitaire ou environnemental les ruinerait. L’opinion publique est en effet davantage crainte que les marchés !

Message cohérent auprès des consommateurs

La communication des agrofournisseurs doit aussi s’inscrire dans la durée et dans la cohérence. C’est pourquoi le Snia a le souci d’associer l’ensemble des partenaires de l’alimentation animale pour diffuser un message cohérent auprès des consommateurs. Le défi d’un maillon de la filière est celui de l’ensemble de la filière.

Mais l’art de la communication est aussi l’art de botter en touche. Axema, l’union industrielle des agroéquipements, aurait pu mettre en avant ces dernières années les efforts de ses constructeurs adhérents pour fabriquer des machines faiblement émettrices de gaz à effet de serre ou converties aux agrocarburants, pour inscrire le machinisme agricole dans le développement durable.

Mais en cette période de crise, explique Alain Savary, la société est davantage portée sur les questions de l’emploi. C’est pourquoi Axema a choisi de donner une dimension sociale aux activités de ses adhérents en rappelant que le secteur du machinisme est créateur de plusieurs milliers d’emplois par an !

Gilles Poidevin (Unifa), Alain Savary (Axema), Stéphane Radet (Snia), Nicole Ouvrard secrétaire générale de l'Afja et rédactrice en chef de Réussir grandes cultures, Nicolas Marquet (Uipp), François Burgaud (Gnis) Gilles Poidevin (Unifa), Alain Savary (Axema), Stéphane Radet (Snia), Nicole Ouvrard, secrétaire générale de l'Afja et rédactrice en chef de Réussir grandes cultures, Nicolas Marquet (Uipp), François Burgaud (Gnis). (© Afja)

 


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