Tarn Les gendarmes expulsent des opposants à un barrage

Afp

Albi, 16 mai 2014 (AFP) - Une centaine de gendarmes mobiles ont entrepris vendredi matin d'expulser un groupe de manifestants qui occupent depuis des mois le site d'un projet de barrage dans le Tarn, a-t-on appris auprès de la préfecture et des militants.

Les occupants, une trentaine de personnes du collectif "Tant qu'il y aura des bouilles", ont opposé une résistance symbolique à l'opération déclenchée peu après 8h, a déclaré à l'Afp Ben Lefetey, porte-parole du collectif "pour la sauvegarde de la zone humide du Testet". A la différence du premier cité, ce collectif privilégie le terrain juridique pour combattre le projet de barrage de Sivens.

L'opération « est rendue inévitable puisque les opposants, au mépris des décisions de justice, ont décidé de se maintenir illégalement sur le site », dit la préfecture dans un communiqué. Elle vise « à permettre la réalisation de ce projet environnemental exemplaire ».

Le projet de barrage près de Lisle-sur-Tarn donne lieu depuis des mois à une mobilisation faisant écho, en proportions plus réduites, à celle contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). La construction du barrage destiné à alimenter en eau les fermes situées à proximité ferait disparaître un réservoir de biodiversité de treize hectares.

Un des occupants interrogé par téléphone, Sylvain X., a déploré « qu'on dilapide l'argent public dans une opération complètement démesurée pour expulser une poignée de jeunes écologistes qui veulent protéger la planète ». Il a annoncé que les occupants comptaient rester sur une parcelle de terrain où ils ont garé la semaine passée deux caravanes et des voitures. Celle-ci n'est pas visée par l'arrêté d'expulsion. L'expulsion a été autorisée par la justice le 14 avril à la demande de la préfecture.

Les manifestants reproduisent à leur échelle les techniques de harcèlement employées sur la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes.

Les partisans du barrage, parmi lesquels la FDSEA, le défendent comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs. Ses adversaires s'émeuvent de la disparition d'une zone humide qui abrite 94 espèces protégées, parmi lesquelles des lamproies du Planer, un vertébré primitif en forme d'anguille.

Le député européen écologiste José Bové, présent à Albi vendredi pour la campagne des européennes, a dénoncé « une véritable provocation » dans la mesure où, depuis des mois, le dossier de Sivens « ne se traite pas au niveau départemental mais national » « Faire cela à toute vitesse alors qu'on espérait un moratoire, c'est un véritable coup de force » a déclaré la tête de liste EELV pour le Sud-Ouest à une correspondante de l'AFP.

Pour José Bové, ce projet « est un cas tout à fait exemplaire d'un entêtement à vouloir continuer les projets qui détruisent des espaces naturels pour un modèle d'agriculture aujourd'hui dépassé » et inspiré selon lui par « le lobby du maïs industriel ».

La préfète du Tarn, Josiane Chevalier, parle au contraire de projet environnemental « exemplaire ». Elle assure que « des inventaires précis » de la faune et de la flore à protéger ont été réalisés et que « des mesures efficaces » ont été prises en leur faveur.

Le projet prévoit de reconstituer 19,5 hectares de zones humides favorables à ces espèces en compensation des 13 hectares détruits, dit-elle. Un suivi de l'évolution des espèces protégées sur ces parcelles sera assuré pendant vingt ans, dit-elle. 


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