Zad d'Agen Les militants écologistes manipulés par l'agriculteur, selon le maire

Afp

Agen, 16 déc 2014 (AFP) - Le maire Udi et président de l'agglomération d'Agen, Jean Dionis du Séjour, a estimé mardi que les « zadistes », militants écologistes qui occupent depuis samedi un terrain pour protester contre un projet de technopole, se faisaient manipuler par l'agriculteur propriétaire du terrain.

En réponse à un appel lancé par ce propriétaire, un collectif a annoncé la création à Sainte-Colombe-en-Bruilhois (Lot-et-Garonne) d'une Zad ("zone à défendre") de 10 hectares sur le modèle de celle de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Soutenus par la Confédération paysanne et des élus locaux d'Europe-Ecologie-Les Verts, ces « zadistes » disent vouloir occuper légalement et de manière non violente « les terres de l'agriculteur Joseph Bonotto » pour demander l'annulation du projet de Technopole Agen Garonne (Tag). Une vingtaine de militants sont installés depuis ce week-end dans des tipis et une grange mise à leur disposition par Joseph Bonotto, lui-même militant au sein d'une association opposée à la technopole et au projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse.

Mais selon Jean Dionis du Séjour, « les premiers à avoir été trompés dans cette affaire, ce sont ces militants écologistes. Quand j'entends leurs déclarations, elles sont parfaitement incompatibles avec les projets de Joseph Bonotto ». « Joseph Bonotto est un lotisseur, c'est quelqu'un qui achète ou possède du foncier et qui fait des lotissements. Il est en négociations avec nous depuis un moment et il nous dit "ces 10 hectares laissez-les moi, je vais les lotir moi-même". Son projet n'est certainement pas de faire 10 hectares de maraîchage de plus », a déclaré le maire d'Agen à un correspondant de l'Afp. « Il n'est pas satisfait des conditions qu'on lui propose pour racheter ses terres (3 euros/mètre carré), c'est son droit mais dans ce cas-là il peut se tourner vers la justice », ajoute Jean Dionis du Séjour.

« Ce projet de lotissement date de 1997, je voulais compléter mes revenus comme beaucoup d'agriculteurs le font avec les loyers de quelques maisons », se défend Joseph Bonotto, qui explique avoir abandonné ce projet faute d'autorisation. Lorsqu'en 2010, il apprend que ses terrains peuvent accueillir des bâtiments industriels pour la technopole, il demande alors à être lui-même « promoteur de ses terres » : « on m'a dit une nouvelle fois que je ne pouvais pas ». « Aujourd'hui je veux garder l'ensemble de mes terres, comme terres agricoles », assure-t-il, indiquant avoir déposé deux recours devant les tribunaux administratifs contre le plan local d'urbanisme (Plu) et la déclaration d'utilité publique du projet de technopole.

Au total, le projet porte sur 212 hectares, dont une centaine ont déjà été acquis par l'agglomération, soit par achat soit en échange de terres équivalentes. 


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