Lait Les producteurs de l'Ouest mettent la pression sur les laiteries

AFP

Les producteurs de lait de l'Ouest de la France ont mené jeudi 29 janvier 2004 une série d'actions visant des laiteries pour exiger des industriels du secteur une nouvelle négociation pour garantir les prix, une semaine après l'échec d'une réunion nationale de la filière.

En Bretagne, Pays de la Loire, Haute et Basse Normandie, des agriculteurs rassemblés par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, branche laitière de la FNSEA) ont bloqué une vingtaine de laiteries, empêchant les camions de sortir des usines. Dans l'attente de nouvelles négociations, des groupes de quelques dizaines de producteurs se sont manifestés auprès de laiteries du Morbihan, Finistère, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Sarthe, Calvados, Orne, Eure et Seine-Maritime, ont indiqué des responsables syndicaux et patronaux.

Ces actions, dont certaines ont commencé mercredi, pourraient se prolonger jusqu'à la fin de la semaine, selon la FNPL. A Malestroit (Morbihan), une vingtaine de producteurs ont ainsi installé un barrage filtrant devant l'usine Entremont, laissant entrer dans la fabrique le lait tout juste trait mais bloquant les camions remplis de crème de lait qui tentaient de sortir. La FNPL accuse les industriels du secteur d'avoir fait échouer les négociations du 22 janvier en proposant une réduction de 1,8 centime d'euro par litre le prix du lait payé au producteur, soit une baisse de 6%. Les discussions visaient à doter la filière d'un nouvel accord cadre, après la dénonciation en début d'année d'un système qui régulait les tarifs depuis 1997.

"Le comité national interprofessionnel de l'élevage laitier (CNIEL) doit se réunir au plus vite pour fixer un prix correct du lait pour le premier semestre 2004", le tarif de base ayant déjà baissé de 5% en deux ans, réclame Bernard Bourgeau, délégué régional FNPL pour la Bretagne et les Pays de la Loire. "Le CNIEL doit également trouver un accord cadre qui fixe à nouveau le prix du lait, et trouver les moyens de maintenir la valorisation des produits laitiers", poursuit M. Bourgeau.

"Après la réforme de la PAC (décidée en juin 2003 à Luxembourg), on est à un tournant : soit on trouve une solution collective, régulée, soit on laisse la déréglementation agir et on se retrouve dans cinq ans dans la situation actuelle de la volaille et du porc", prévient le responsable syndical. Bertrand Posté, directeur d'Unilouest, qui représente les industries laitières pour la Bretagne et les Pays de la Loire, régions fournisseuses de plus d'un tiers du lait hexagonal, attend de son côté "d'avoir une proposition officielle de la FNPL pour reprendre les négociations".

Selon le représentant patronal, les accords de Luxembourg vont tirer les prix européens "vers le bas", et les industriels du secteur "voudraient renégocier un accord mais sur une base plus proche des prix européens".



© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Contenu pour vous