Budget agricole Les régions sollicitées « à la rentrée » sur la bio

AFP

Le ministre de l'agriculture Stéphane Travert a indiqué mercredi qu'il réunirait « à la rentrée » les conseils régionaux pour définir les politiques publiques de financement de l'agriculture biologique.

« Je souhaite associer l'ensemble des conseils régionaux à la rentrée » pour définir ce que seront les politiques publiques sur le financement de l'agriculture biologique, a indiqué Stéphane Travert en réponse à une question du député La France Insoumise Loïc Prud'homme.

Le ministre a été interrogé par quatre députés venant de groupes différents (La France Insoumise, les Constructifs, le Modem et la République en Marche) sur les conséquences de la décision qu'il a prise en fin de semaine dernière de transférer une partie des aides européennes du « pilier 1 » de la politique agricole commune (aides à l'hectare), vers le « pilier 2 » (développement rural, aide à l'agriculture de montagne, installation des jeunes agriculteurs, aide à la bio). Cette décision, notifiée mardi à Bruxelles, a fortement déplu aussi bien parmi les céréaliers et la FNSEA, que chez les militants de l'agriculture biologique.

Les premiers ont crié au « hold-up » budgétaire organisé par le précédent gouvernement, en accusant M. Travert de prendre dans la poche d'agriculteurs pour soutenir d'autres agriculteurs, au lieu d'organiser un soutien public d'État face aux demandes grandissantes de certains secteurs (bio, élevage en montagne etc.). Les autres dont la France insoumise ont crié à l'abandon du bio et multiplié les attaques sur le sujet, en jugeant le transfert de fonds insuffisant pour remplir l'objectif de parvenir à 50 % de la restauration collective en bio d'ici la fin du quinquennat. Les critiques portent particulièrement sur un risque de tarissement des « aides au maintien » des exploitations bio, versées après la fin des aides à la conversion en bio.

Dans ses réponses, le ministre Stéphane Travert a insisté sur le fait qu'il ne fallait « pas opposer les modèles agricoles les uns aux autres » en répétant l'objectif affiché lundi d'aller vers 8 % des surfaces agricoles en bio en 2021 contre 6 % environ actuellement. Les aides au maintien des agriculteurs bio sont issues de fonds européens gérés par les régions. « Nombre de conseils régionaux ont déjà investi dans le sujet », a dit le ministre, estimant que les régions sont « naturellement les acteurs les mieux adaptés pour pouvoir porter avec l'État des politiques ambitieuses en faveur de l'agriculture biologique ».

Il a aussi rappelé qu'il avait décidé de prolonger un crédit d'impôt qui devait initialement prendre fin en 2017 en faveur du bio.

Des députés du groupe « Les Constructifs » et LREM ont également abordé le sujet de la nouvelle répartition des aides dans des courriers adressés mardi et mercredi au ministre. « Il est inenvisageable de combler cette "impasse budgétaire" par un transfert entre piliers », jugent ainsi les députés « Constructifs » Stéphane Demilly, Franck Riester et Sophie Auconie, qui demandent une solution « sur le budget de l'État et non sur des fonds constitués par les agriculteurs ». Dans une autre lettre, trois députés LREM proposent des « mesures pour le développement de l'agriculture biologique », réclamant notamment un état des lieux des financements publics consacrés au développement de l'agriculture bio.


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