Nîmes Mobilisation d'agriculteurs à Nîmes contre le « matraquage fiscal »

AFP

[Mise à jour le 18 décembre 2018 à 18h45] Des dizaines de tracteurs et de véhicules d'agriculteurs et viticulteurs souhaitant exprimer leur « ras-le-bol fiscal » ont bloqué mardi matin l'accès à la Direction départementale des territoires et de la Mer (DDTM) du Gard, a constaté une journaliste de l'AFP. Les agriculteurs ont notamment déversé sur la chaussée et devant l'entrée de la DDTM du purin mélangé à du moût de raisin, dégageant une odeur pestilentielle, mais aussi des courges et des branchages. Ils ont également mis le feu à des ceps de vigne, provoquant une épaisse fumée noire.

L'action s'est déroulée sous les yeux de policiers et de plusieurs dizaines d'agriculteurs, en grande majorité des hommes, massés devant l'entrée. Certains portaient des casquettes rouges du SVG (syndicat des vignerons gardois) et des vestes de camouflage de type militaire. Sur certains tracteurs, un gilet jaune avait été accroché et sur l'un d'entre eux on pouvait lire « Macron voleur » sur une banderole blanche. Le SVG et les Jeunes agriculteurs (JA) du Gard avaient lancé un « appel à mobiliser » pour mardi matin. « Nous voulons exprimer notre ras-le-bol général et fiscal », a expliqué François Veyrunes, coprésident des JA du Gard.

Selon la DDSP du Gard, les manifestants étaient environ 80 et une trentaine a réussi à pénétrer dans les locaux de la DDTM, la police ayant alors fait évacuer le personnel. Les manifestants sont partis d'eux-mêmes vers 15h00, selon la même source, précisant qu'aucun heurt et aucune interpellation n'avait eu lieu.

« Dans un contexte économique difficile, où toutes les attentes sociétales et environnementales sont fortes, les agriculteurs ne cessent de s'adapter, (...) de faire des efforts et de se serrer la ceinture pour y répondre au mieux », expliquent les deux syndicats. « Malgré tout cela, nous sommes toujours pointés du doigt, "stigmatisés" sur nos pratiques », estiment-il. Ils assurent également subir « au quotidien un matraquage fiscal, avec des normes et des lois de plus en plus contraignantes, et toujours plus d'interdictions et de contrôles supplémentaires » : « Il est temps que l'État mesure l'urgence de donner du temps et des moyens à la transition écologique de l'agriculture, qui mérite une autre approche que la fiscalité punitive ».

Partis en cortège depuis la chambre d'agriculture du Gard, des dizaines de tracteurs avec des remorques, suivis par des dizaines de voitures, ont parcouru plusieurs kilomètres dans Nîmes, provoquant d'énormes embouteillages, notamment devant la Mutualité sociale agricole. 


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