Tereos fixe son nouveau cap Moins de volumes, des profits et moins de dette

AFP

Améliorer rapidement la profitabilité et réduire la dette : le groupe sucrier Tereos (Béghin Say), doté d'une nouvelle direction, s'est fixé ces deux priorités après une lourde perte en 2020/2021 et envisage pour ce faire de céder certains actifs.

Champs de betteravesNouveau cap pour Tereos (©Pixabay)

Le deuxième sucrier mondial est repassé dans le rouge avec une perte nette de 133 millions d'euros lors de son exercice décalé 2020/21, imputable pour plus de moitié à des dépréciations d'actifs, a-t-il annoncé mercredi. « Notre mission est d'accélérer rapidement la profitabilité », a indiqué le président du conseil de surveillance Gérard Clay, alors que les cours du sucre et de l'éthanol sont en progression. Tereos a notamment souffert d'une dépréciation de 37 % du real brésilien face à l'euro et, en Europe, de la baisse des volumes vendus en raison de la mauvaise campagne betteravière - les attaques de pucerons verts ont occasionné une jaunisse de la betterave et fait chuter les rendements de 26 % en moyenne.

Objectif de la nouvelle direction : tourner « la page de la stratégie de volume et de croissance externe » à l'origine d'une grave crise de gouvernance qui avait conduit des coopérateurs en désaccord avec les dirigeants historiques à prendre la direction du groupe fin 2020 ; et réduire la dette nette pour qu'elle redescende sous les deux milliards d'euros d'ici 2024, contre plus de 2,5 milliards actuellement.

Tereos, dont le chiffre d'affaires a légèrement reculé en 2020/2021 à 4,3 milliards d'euros (- 4 % à taux de change courant), avait déjà dit mi-février qu'il procédait à « une revue du portefeuille d'actifs », « dans le cadre » de son projet prioritaire de réduction de dette. « Ces audits vont nous permettre très prochainement de mettre en place un plan stratégique et ce plan stratégique, nous en avons besoin », a déclaré mercredi M. Clay.

Pour améliorer sa rentabilité, le groupe entend s'appuyer sur ses « trois piliers stratégiques » : activités sucre et renouvelables en Europe et au Brésil et activités amidon, produits sucrants et renouvelables en Europe, « sur lesquels il entend consacrer la totalité de ses investissements futurs ».

Pas de fermeture d'usine en France

En revanche, hors de ces piliers et du « cœur du business » du groupe, « des options de cessions peuvent être étudiées et peuvent être réalisées », a prévenu le président du directoire Philippe de Raynal, en présentant les résultats annuels.

Interrogé sur de potentiels désengagements en Asie évoqués dans des médias, il a répondu : « Aujourd'hui, on ne commente aucune situation particulière, que ce soit en Afrique, en Asie, en France ou ailleurs ». Le groupe a la volonté de générer de la trésorerie, a-t-il concédé. Gérard Clay a rassuré sur la France, écartant une nouvelle fois toute fermeture sur le sol français : « il n'y a aucun projet de fermeture d'usine, ce sont les producteurs qui décident de planter les surfaces, et on adapte l'outil industriel en face », a-t-il déclaré.

La dette et la stratégie de diversification internationale du groupe étaient au cœur de la terrible crise de gouvernance qui a abouti fin décembre au renversement de la direction historique, au terme d'une bataille judiciaire au sein même des instances de direction de Tereos.

À court terme, le groupe prévoit une « pause dans la progression » de ses résultats en matière d'Ebitda au premier semestre, la faute à la jaunisse de la betterave, a indiqué le directeur financier Gwenaël Eliès. Il table en revanche sur une progression au second semestre, du fait d'une récolte de betteraves qui devrait être davantage dans la norme malgré l'épisode de gel et d'une meilleure rentabilité de l'amidon en Europe, a-t-il indiqué.

Tereos rassemble 12 000 agriculteurs coopérateurs et emploie environ 23 000 personnes dans le monde, dont 4 000 en France.


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