Moyen-Orient OCDE et FAO inquiets d'une politique de l'eau « de moins en moins durable »

AFP

La politique de l'eau et son utilisation en agriculture sont « de moins en moins durables » dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) s'inquiètent l'OCDE et la FAO dans un rapport spécial sur l'agriculture dans cette région du monde publié mardi.

« Il est difficile de surestimer l'importance du problème de l'eau dans la région Mena. C'est avec les conflits, la plus grave menace due à des activités humaines qui plane sur l'avenir de la région », indique le rapport, qui prévoit, d'ici la fin du siècle, « une baisse de 21 % de la production agricole totale dans la région par rapport à l'an 2000 ». Le problème ne repose pas uniquement sur la « rareté de la ressource », mais sur « l'utilisation non durable » des eaux de surface et souterraines qui « provoque l'épuisement des nappes dont le Moyen-Orient est tributaire », souligne le document.

En 2014, sur 20 pays, « 13 avaient prélevé plus d'eau douce que ne pouvaient en procurer les ressources renouvelables », ajoute le texte. L'OCDE et l'agence des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation mettent en cause les politiques publiques menées dans la région, où les prix de l'eau sont les plus bas du monde avec une consommation d'eau subventionnée, alors que le rendement des cultures par volume d'eau est seulement à « la moitié de la moyenne mondiale ».

Dans cette région, c'est en cultivant des fruits et des légumes qu'un producteur obtiendra la meilleure rentabilité. Elle est très faible pour le blé et le riz, gourmands en eau, alors que la production agricole de la région est majoritairement consacrée aux céréales qui occupent 60 % de la superficie récoltée.

De plus, fin 2017, plus de 30 millions de personnes dans la région souffraient d'insécurité alimentaire et avaient besoin d'aide pour satisfaire leurs besoins alimentaires essentiels, dont 17 millions au Yemen et 6,5 millions en Syrie, selon le rapport.

L'OCDE et la FAO prévoient que la région Mena qui compte « parmi les plus grands importateurs nets d'aliments dans le monde » continuera de dépendre des échanges commerciaux avec une « forte hausse » des importations nettes attendues dans les années à venir. Cela accroîtra encore la forte dépendance de la région aux marchés étrangers pour les produits alimentaires de base.

Les deux organisations internationales prônent une « approche différente » consistant à « mettre l'accent sur le développement rural et à soutenir la production de produits horticoles » plus rentable dans les petites exploitations que les céréales. 


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