[Interview] Projets d’investissement et d’installation Sébastien Prin (Crédit Mutuel) : « La réforme de la Pac rajoute de l’instabilité à de l’instabilité »

Terre-net Média

La nouvelle répartition des aides Pac, le budget Pac pour 2014/2020, l’impact de la crise financière... Dans une interview accordée à Terre-net Média, Sébastien Prin, responsable du marché de l’agriculture à la confédération nationale du Crédit Mutuel, explique les enjeux du secteur bancaire pour apprécier la pertinence des projets soumis des jeunes agriculteurs et des candidats à l’agrandissement.

Sébastien Prin, responsable du marché de l'agriculture à la Confédération nationale du Crédit mutuel.
Sébastien Prin, responsable du marché de
l'agriculture à la Confédération nationale du
Crédit mutuel. (© Terre-net Média)

Terre-net Média (Tnm) : « Comment appréhendez-vous la réforme de la Pac pour 2014/2020 débattue à Bruxelles ? »

Sébastien Prin (SB): « Dans l’état actuel ces choses, le projet Pac rajoute de l’instabilité à de l’instabilité. Les raisons sont diverses. Des doutes persistent sur la validité du cadre budgétaire défini en juillet dernier car depuis, l’équilibre politique et financier a profondément été modifié. Entre les rebondissements de la crise et les échéances électorales, tout laisse penser que le cadre ne sera pas bien défini avant la fin de 2013. »
« Et même si on s’en tient au cadre actuel, nous n’avons aucune certitude sur les nouvelles clés de répartition des aides entre états membres, mais surtout quels seront les arbitrages nationaux qui seront retenus à l’intérieur des états. Les aides les plus élevées diminueront mais quel sera au final le curseur qui sera retenu? »

Tnm : Quelles sont les conséquences du projet de réforme en débat pour les porteurs de projet ?

SB : « Question prix, leur volatilité nous oblige d’être prudents sur les hypothèses à retenir pour apprécier les projets d’investissement à l’étude. Les marchés sont de nouveau porteurs, mais attention à ne pas pécher par optimisme. Personne n’est à l’abri d’un retournement de conjoncture. Toutefois nous refusons que nos études de financement reposent exclusivement sur des hypothèses de prix bas car sinon aucun projet ne serait viable. »

Tnm : « L’agriculture française reste elle un secteur attractif pour les banques ? »

SB : « Nous avons beaucoup de raisons de penser que l’agriculture restera un secteur attractif avec des prix qui resteront élevés. Nous ne nous attendons pas à une dépréciation des actifs avec la fin des quotas laitiers tout simplement parce qu’il n’y a pas de réel marché de droits à paiement unique. La France n’est pas dans la situation des Pays-Bas ou encore moins de celle du Danemark. Ceci dit, le problème qui se posera dans les prochaines années, sera le financement des exploitations et de leurs actifs. Elles sont de plus en plus grandes et la logique patrimoniale a tendance à l’emporter sur la logique économique et financière. »


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