Barrage du Sivens Ségolène Royal demande de s'assurer du respect de la réglementation

Afp

Rochefort (France), 7 sept 2014 (AFP) - La ministre de l'Écologie a demandé dimanche de s'assurer que les conditions édictées par son ministère pour la création d'une retenue d'eau sont bien respectées dans le cadre du projet de barrage controversé de Sivens (Tarn), où la mobilisation a gagné en ampleur dimanche.

« Je demande à ce que le Conseil général du Tarn vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies », a déclaré la ministre à Rochefort (Charente-Maritime), alors qu'elle assistait au premier départ de l'Hermione. « Les instructions du ministère sont d'encourager les retenues de substitution à condition de ne pas encourager l'agriculture intensive », a-t-elle rappelé. « L'eau est un bien précieux et rare qui doit faciliter l'agriculture, mais pas pour que certains pratiquent l'agriculture intensive dans des grandes exploitations en s'appropriant un investissement public », a-t-elle ajouté.

Ségolène Royal a également appelé à ce que « le dialogue puisse se renouer avec les associations » et à voir si « on peut améliorer l'ouvrage et l'usage de l'ouvrage ». Le déboisement de la zone du futur barrage de Sivens (Tarn), dont la construction entraînera la disparition d'un réservoir de biodiversité de 13 hectares, a donné lieu à des échauffourées sporadiques début septembre entre forces de l'ordre et opposants au projet. Europe Écologie-Les Verts (Eelv) a exprimé « tout son soutien » aux opposants à ce « projet désuet qui répond à la logique d'une agriculture productiviste » et a demandé à la ministre « un moratoire ».

Dimanche, sur le site de Sivens, plus d'un millier de personnes opposées à la construction du barrage ont participé à un pique-nique citoyen ponctué de prises de paroles, soit la plus importante mobilisation à ce jour dans ce dossier. Interrogé par l'Afp dimanche soir, le député européen d'Eelv José Bové, présent sur place dimanche, a accueilli favorablement la prise de position de la ministre de l'Écologie. Le député, qui a vu dans les déclarations Ségolène Royal une demande de « réévaluation du projet », estime en conséquence que « demain (lundi), les bulldozers ne peuvent pas entrer en action ». Le déboisement de la zone, préalable à la construction du barrage, a débuté le 1er septembre sous forte protection des gendarmes mobiles. Le conseil général et la préfecture du Tarn ont récemment exclu de rouvrir le débat sur le barrage, estimant que toutes les étapes légales de la consultation avaient été suivies.

Vendredi, la justice a autorisé l'expulsion d'une des parcelles de la forêt de Sivens occupée par les militants. La préfecture du Tarn a aussi fait valoir que le projet était exemplaire en matière environnementale car il prévoit de reconstituer 19,5 hectares de zones humides, un argument vigoureusement contesté par les opposants.

Pour sa part, José Bové a insisté sur le fait que les retenues d'eau, comme celle envisagée à Sivens, « doivent servir de tampon, en cas de période difficile de sécheresse par exemple, mais en aucune manière pour développer des projets d'agriculture dépensières en eau et productivistes ». 


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