Fleurs Sur les tombes de la Toussaint, la bruyère le dispute au chrysanthème

AFP

Le 1er novembre, le chrysanthème règne en maître dans les cimetières mais depuis peu, d'autres plantes comme la bruyère et la véronique, ornent les tombes à la Toussaint, fête ayant généré en France un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros l'an dernier. Selon les années, les horticulteurs vendent entre 20 et 30 millions de chrysanthèmes, dont plus de 96% à la fin octobre-début novembre en 2002.

L'an dernier, 8,3 millions de Français - chiffre stable par rapport à 2001 - ont acquis à la Toussaint 22 millions de pots pour un montant de 190 millions d'euros, ce dernier chiffre étant en progression de 5,6% par rapport à l'année précédente, note l'Office national interprofessionnel de l'horticulture (Oniflhor). Si le chrysanthème est étroitement associé dans l'esprit des Français à la Toussaint, la bruyère et la véronique, envahissent depuis quelques années les tombes, 90% des achats de bruyères et 60% des véroniques étant destinés aux cimetières, constate l'Oniflhor.
L'amateur de chrysanthèmes en pots - la plante fleurie la plus achetée par les Français (32% en volume) - est assez typé : il a généralement plus de 65 ans, est souvent agriculteur et habite le nord ou l'ouest du pays. Avec une production stable (aux environs de 25 millions de pots), la campagne 2003 se présente plutôt bien pour le chrysanthème: il est sain, en pleine floraison en raison de la douceur du climat, indique l'Oniflhor. A la production, les prix sont en légère hausse par rapport à 2002. L'an dernier, les prix au détail avaient, selon les qualités et la taille des pots, varié entre 3,82 et 6,10 euros (un tiers de la consommation). 13% des Français avaient déboursé l'an dernier plus de 11 euros pour des pots de qualité supérieure.
Cinq régions de France concentrent la culture de chrysanthèmes avec en tête le Maine-et-Loire (seul département où la production a fortement augmenté ces dernières années) et le Nord, deux départements qui regroupent à eux seuls près du quart de la production, selon une étude du ministère de l'Agriculture. Pour les petits maraîchers bretons par exemple, la culture du chrysanthème assure un appoint à l'automne, constate l'Oniflhor. Si en France le chrysanthème rime avec Toussaint, "en Europe, il est considéré comme une fleur décorative qui figure en bonne place dans les bouquets", selon Jean-Pierre Lumineau, directeur général de la société Challet-Hérault, premier producteur français de boutures de chrysanthèmes destinées aux horticulteurs. "Le chrysanthème y occupe même la deuxième place des ventes de fleurs coupées", ajoute-t-il.
Implantée en Vendée, Challet-Hérault cultive chaque année 20 millions de boutures - la moitié de la production française - et exporte 20% de cette production en Europe. Actuellement, le chrysanthème "pomponnette" à petites fleurs fait la mode dans les jardins, les cimetières, mais aussi aux abords des restaurants, commerces ou grands momuments. Chaque année, le centre horticole de la direction des parcs et jardins de la Ville de Paris, implanté à Fresnes, installe 70.000 chrysanthèmes à Paris, après avoir soumis, un an auparavant, son catalogue aux responsables des jardins et des cimetières. Grâce à de savants bouturages, les massifs de chrysanthèmes sont travaillés en "pyramides", ou "en cascade", pouvant s'étendre sur plus d'un mètre. Les créateurs peaufinent également les couleurs qui s'harmonisent avec les tonalités de l'automne: jaune, mordoré, bronze, violine.



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