Baisse des cours du sucre Tereos s'enfonce dans le rouge

AFP

Le groupe coopératif Tereos, premier sucrier français (marque Beghin Say), a pratiquement décuplé sa perte nette au premier semestre de son exercice décalé (avril-septembre), à 96 millions d'euros contre 10 millions l'an passé, et prévoit une perte sur l'ensemble de l'année.

« P our l'exercice 2018-19, la faiblesse historique des prix du sucre européens impactera significativement les résultats de Tereos (...) et cette situation ne lui permettra pas d'atteindre un résultat net positif, même si les divisions sucre international et amidon et produits sucrants devraient se montrer plus résilientes » a indiqué Tereos dans un communiqué mardi. D'avril à septembre 2018, le chiffre d'affaires a régressé de 9 % par rapport à un an plus tôt, à 2,114 milliard d'euros. La raison tient « principalement » à « l'effondrement des prix du sucre européen d'environ 30 % sur l'année, dans le sillage de la baisse des cours mondiaux du sucre » qui a suivi la levée des quotas sucriers en Europe, et à une « stratégie commerciale » du groupe concentrant l'essentiel de ses ventes brésiliennes au second semestre.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a été divisé par deux à 143 millions d'euros contre 309 millions un an avant. « Ce résultat, dans un contexte de chute des prix du sucre en Europe, pose la question d'un ajustement structurel de l'industrie sucrière en Europe », a déclaré le directeur financier, Olivier Casanova, lors d'un entretien téléphonique avec des agences de presse, en visant des unités de production concurrentes « moins compétitives » que Tereos sur le plan des rendements betteraviers ou en matière de « taille critique ».

Le plan « de performance » Ambitions 2022 annoncé récemment par Tereos vise à retrouver un bénéfice d'exploitation de « 200 millions d'euros à l'horizon 2021-2022 », a relevé Olivier Casanova, en soulignant qu'il ne prévoyait ni fermetures de sites, ni suppressions d'emploi, « c'est d'abord d'un plan d'efficacité ». Des licenciements, « ce n'est pas le sujet », a-t-il dit, « il faut mieux faire tourner nos usines ». Le groupe a réaffirmé son ambition de procéder à une « éventuelle ouverture de capital de ses activités industrielles, à un horizon de deux ou trois ans ». « C'est un projet structurant » qui a un « horizon de temps long » de cinq à dix ans, et nous « devons faire valider ce projet par nos coopérateurs », a souligné Olivier Casanova, précisant que la prochaine échéance pour une assemblée générale était fixée à juin 2019. Il ne s'est pas exprimé sur l'éventuelle réintégration de trois coopérateurs frondeurs exclus. Le directeur financier n'a pas précisé le montant de la perte à envisager pour l'ensemble de l'exercice, car il reste « beaucoup d'incertitudes » sur les ventes du deuxième semestre, liées aux cours du sucre et du pétrole notamment. Le groupe espère néanmoins une remontée des cours du sucre dans les mois à venir sur la base d'un rapport récent des analystes LMC International, qui estime à 7 millions de tonnes le déficit de la production européenne par rapport à la demande en 2019-20, après un « très fort excédent l'an passé» . « Tout cela est encore très préliminaire, mais serait de nature à soutenir le prix du sucre en 2019 » a dit Olivier Casanova.


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