; Les tempêtes de décembre 1999 et les conséquences pour Météo France

Tempêtes de 1999 Un choc pour la France et une petite révolution pour Météo-France

Afp

Paris, 23 déc 2014 (AFP) - Avec une large majorité du territoire métropolitain touché, les deux dépressions de décembre 1999 forment encore la plus grosse tempête hivernale que la France ait connue en plus de 30 ans.

Une catastrophe qui poussa Météo-France à réformer son dispositif d'alerte, rappelle Pascal Brovelli, directeur adjoint de la prévision au sein de l'organisme national, qui ajoute que les phénomènes de cette ampleur restent exceptionnels.

Que s'est-il passé en 1999, avec le 26 décembre la tempête "Lothar", suivie le lendemain de "Martin", à l'origine de la mort de 92 personnes et de dégâts majeurs ?

« Il s'agissait de tempêtes océaniques, des phénomènes de plusieurs centaines de km de diamètre, où apparaissent des dépressions se renforçant avec des flux très forts et très rapides en haute altitude, prenant parfois un caractère explosif. En 1999, on a mesuré vers 9.000 m d'altitude des rafales à plus de 500 km/h! L'observateur en était estomaqué. Lothar reste la tempête la plus sévère observée depuis 1980, car la plus étendue, touchant près de 60 % du territoire, sur la moitié nord de la France. Les rafales ont atteint 176 km/h à Saint-Brieuc, 169 à Paris, 173 à Orly. Avec Martin, entrée plus au sud, au niveau de la Vendée, les rafales ont été jusqu'à 198 km/h, sur l'île d'Oléron. En janvier 2009, la tempête Klaus a connu des rafales de 190 km/h, mais l'emprise géographique a été moindre, environ 18 % du territoire ».

Constatez-vous une recrudescence des tempêtes hivernales (rafales dépassant 100 km/h dans les terres) ?

« On a une tempête d'une intensité significative au moins chaque hiver, et parfois on en a deux de suite, comme en 2004. Ce n'est pas exceptionnel. Mais elles n'ont pas toutes ce caractère explosif, qui parfois éclate en amont, sur l'Atlantique. Nous constatons en tout cas que nous n'en avons pas plus qu'avant. Autant le réchauffement climatique est avéré, autant on ne constate pas une recrudescence des tempêtes. Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans des conditions favorables à ce genre de formations. Une perturbation active va arriver sur la France samedi pouvant amener de la neige au moins sur les reliefs, mais il n'y a a priori pas d'indice de tempête dans les jours qui viennent ».

C'est après ces tempêtes de 1999 que Météo-France a mis en place un service de "vigilance" plus clair pour le public. 

« En 1999, les prévisions ont été plutôt bonnes, même si les prévisions étaient de l'ordre de 130 km/h quand on a observé du 160 km voire jusqu'à 198 km/h, mais pour les prévisionnistes c'était des valeurs hors normes et il était inenvisageable d'annoncer ce genre d'intensités. Malgré tout, la prévision de 130 nécessitait déjà la plus grande vigilance mais la communication vers le grand public et même les autorités n'était pas bien adaptée : c'était un message textuel, qui ne permettait pas de donner un signal clair. En octobre 2001, a été mis en place un mécanisme de vigilances, avec un code de quatre couleurs (vert, jaune, orange, rouge) très clair sur le caractère dangereux des phénomènes météo des 24 heures à venir. Depuis, on a eu 21 cas de "vigilance rouge", surtout pour pluies et inondations, deux pour "vents violents" (Klaus, et Xynthia en 2010). Nos objectifs : ne pas avoir plus de 20 % de fausse alarme à l'échelle des départements et pas plus de 3 % de non-détection, c'est très sévère. 90 % des phénomènes sont anticipés avec au moins trois heures d'avance. Les tempêtes sont bien vues par nos modèles de prévision numériques, ce qui demande le plus d'expertise c'est ensuite de repérer celles qui seront les plus intenses ». 


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