Bourgogne Un goût de crise pour le millésime 2003 de la vente des Hospices de Beaune

AFP

Pour sa 143e édition dimanche 16 novembre 2003, la vente aux enchères des Hospices de Beaune, manifestation la plus célèbre de la Bourgogne viticole, se déroule sur fond de crise, malgré un millésime 2003 propice aux grands vins.

Depuis le début de l'année, vignerons et négociants font le dos rond. Dans un contexte de surproduction mondiale, les mauvaises nouvelles se succèdent. Un euro fort a pénalisé les marchés à l'exportation, la guerre en Irak a entraîné un désamour d'une partie des consommateurs américains et la prochaine entrée en vigueur de la loi contre le bioterrorisme décidée par Georges Bush ne fait que renforcer les craintes des petits opérateurs de se voir barrer le marché outre-Atlantique.
En juin dernier, le jeune président du Syndicat des négociants, Louis-Fabrice Latour, faisait "le pari d'une reprise à l'automne". La prévision a été démentie par les faits. La crise est également structurelle. Avec son vignoble aux formes de puzzle (100 appellations), ses deux cépages (pinot noir pour les rouges et chardonnay pour les blancs) et une image élitiste, la Bourgogne a du mal à séduire le consommateur nouveau, que tous les pays producteurs, de l'Ancien et du Nouveau monde, cherchent à attirer.
Dans la zone la plus touchée, dans le sud, en Saône-et-Loire, un viticulteur de Cheilly-les-Maranges évoque une crise pire que celle des années 1930, lorsque les vignerons, faute de revenus, allaient chercher du travail dans les mines du Creusot ou de Montceau.
L'interprofession, négoce en tête, devrait pourtant profiter de la vente des Hospices de Beaune pour tenir un discours volontariste. Elle soulignera, une fois de plus, que les réformes engagées depuis deux ans renforçant la qualité et les opérations de communication doivent être plus que jamais poursuivies. Et elle ne manquera pas de souligner qu'en 2003 les conditions climatiques ont rendu possible d'excellents vins.
Signe de ces temps de communication, la vente des Hospices, qui depuis 1924 a lieu le 3ème dimanche de novembre, va connaître une innovation. Une partie seulement des enchères aura lieu de manière traditionnelle à la bougie. Cela devrait permettre de gagner du temps et de rendre l'événement plus attractif pour les médias. Dimanche, deux acteurs présideront la pièce exceptionnelle (228 litres soit 300 bouteilles) offerte par les Hospices à des oeuvres caritatives, Marlène Jobert et Jean Reno.



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