27 juin Une « Journée de la fleur française » pour la faire repousser

AFP

Environ 85 % des fleurs coupées achetées en France sont importées, déplore un collectif de professionnels de la filière qui organisera le 27 juin une « Journée de la fleur française » pour sensibiliser le grand public à cette situation.

Chasses aux bouquets de fleurs, ateliers, portes ouvertes, banquets : une centaine d'événements seront organisés dans l'Hexagone pour « fêter la fleur locale et de saison » et demander aux consommateurs « d'aider à réimplanter la culture des fleurs en France ». Cofondé en 2017 par une floricultrice du Nord, Hélène Taquet, le « collectif de la fleur française » rassemble des producteurs, des fleuristes et quelques grossistes qui croient possible de redynamiser la production française.

Depuis les années 1970, « c'est l'hécatombe pour les fermes aux fleurs », rappelle cette agricultrice installée à Blécourt, près de Cambrai. « Le point de départ du déclin a été le choc pétrolier » de 1973 marqué par une forte hausse des prix de l'énergie. Il a été fatal à de nombreuses exploitations qui cultivaient les fleurs sous serres chauffées, dit à l'AFP cette floricultrice qui cultive des fleurs pour en faire des confettis naturels et vend des bouquets de fleurs séchées.

Parallèlement, « les Hollandais se sont très bien organisés sur le plan logistique. Un fleuriste peut commander à minuit des roses, il les a dès le lendemain ». Une grande partie de la production mondiale de fleurs transite désormais par les Pays-Bas. Résultat : il ne reste plus que 385 exploitations à dominante fleurs coupées en France, représentant 1 530 emplois, selon Val'hor, la filière française de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage.

Ces dernières années, diverses initiatives se sont développées pour remettre en avant la production française. Un label « Fleurs de France » a été créé en 2015. Il concerne non seulement les fleurs coupées mais aussi les fleurs en pot et les végétaux produits par les pépinières. Le collectif fleurs françaises, qui compte quelque 220 membres, ne se consacre qu'aux fleurs coupées, secteur particulièrement menacé. Sa première initiative a été de créer un annuaire des acteurs de la filière travaillant avec de la fleur française afin de les mettre en contact. Il s'inscrit dans le mouvement du « Slow Flower » qui promeut les productions locales dans le monde.

Pour la « journée de la fleur française », Hélène Taquet reconnaît s'être inspirée du « Lonely bouquet day » (journée du bouquet solitaire). Cette opération, qui se déroule depuis plusieurs années en divers endroits du monde, vante la joie procurée par les fleurs. L'édition 2021 aura lieu, elle-aussi, le 27 juin.


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