Pommes de terre Une production en forte baisse dans les pays continentaux du NEPG

CLG Terre-net Média

Le NEPG (groupe des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest Européen) s’attend à une baisse d’au moins 20 % de la récolte totale de pommes de terre de conservation par rapport à l’an dernier. La récolte ne dépasserait alors pas les 20 millions de tonnes pour la campagne 2018.

Bien que les chiffres de rendement de la Grande-Bretagne ne soient pas encore disponibles, les autres pays composant le NEPG (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas) ont enregistré les rendements moyens les plus bas depuis des années. Allant de 18 à 80 t/ha, ils sont inférieurs de 13,1 % à la moyenne quinquennale. Les emblavements en pommes de terre avaient pourtant augmenté de 1 % cette année, pour atteindre 595 587 ha.

Une forte différence est observée entre les parcelles irriguées et les parcelles non irriguées, mais aussi en fonction des variétés et des parcelles. En Belgique, par exemple, le rendement est estimé à 38,1 t/ha. Soit une baisse de 29 % par rapport à 2017 et de 24 % par rapport à la moyenne quinquennale. « La variété Bintje a particulièrement souffert, mais d’autres variétés spécifiques industries également. Il est important de noter que la part des surfaces de pommes de terre irriguées en Belgique ne dépasse pas les 3 % ». Les autres pays signalent quant à eux des baisses de rendements de 14 à 20 %.

Qualité des tubercules

Les volumes produits ne sont pas les seuls en baisse cette année. Les calibres des tubercules sont également impactés. Par ailleurs, un phénomène de repousses, avec des tubercules de seconde génération, a notamment causé des teneurs en matière sèche trop faibles, des tubercules flottants voire des problèmes de vitrosité et de coloration sur les produits finis. Particulièrement signalé en Bintje, ce problème de qualité a aussi été signalé dans d’autres variétés destinées au marché du frais ou à la transformation.

Les lots à problèmes entraînent donc des difficultés importantes pour les producteurs, les négociants et les industriels. Des coûts supplémentaires pour le tri (lavage, bain de sel...) et la valorisation (process en usine, ...) sont aussi engendrés. Le NEPG estime donc que la récolte finale pour la transformation et le marché du frais pourrait atteindre le plus bas niveau depuis 10 ans. « Puisque la demande industrielle a augmenté de 15 % depuis 2012, il paraît évident que les prix sur le marché libre devraient rester fermes ».

Le NEPG publiera les chiffres définitifs pour la récolte 2018 d’ici la fin de l’année, quand les résultats finaux pour la Grande Bretagne seront connus.

Campagne 2019

« Les rendements en production de plants de pommes de terre étant également en baisse, la disponibilité de certaines variétés industrielles, surtout en gros calibres, et par exemple pour les variétés hâtives, sera un point à regarder de près ». Notamment, les variétés hâtives destinées à l’industrie montrent déjà une augmentation sur les prix de contrats 2019. Enfin, la multiplication des restrictions et interdictions dans le domaine de la protection des cultures risque de mener à « une augmentation des coûts de production et/ou à des risques accrus autour de la production de pommes de terre ».


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