5ème colloque des marchés (atelier 1) Une vision internationale des marchés

Frédéric Hénin Terre-net média

Concernant les marchés internationaux, tout change si vite qu’il est impossible de faire des prévisions à long terme. Synthèse des propos tenus par Jacques-Yves Huez, ancien directeur de la coopérative d’Arthenay, lors du 5ème colloque des marchés.


Jean-Yves Huez (© Terre-net Média)
Tous les scénarios, qu'ils soient «catastrophe» ou angéliques, se sont révélés faux. En fait, il est toujours plus facile en économie de prédire le passé que l’avenir. L’année 2008 n’a en rien ressemblé à 2007 au niveau mondial : moins de sécheresse, une production céréalière abondante, une croissance économique qui ralentit la croissance de la consommation, une chute du baril du pétrole etc…Et rien ne laissait penser qu’il en serait ainsi.

C’est dans un contexte en permanente en évolution que les agriculteurs exercent dorénavant leurs activités de production. Cela requiert professionnalisme, rigueur de gestion et la nécessité d’opter pour des outils assurantiels et de régulation.

+2 milliards d'hommes en 30 ans

 Sur le long terme, les progrès technologiques et agronomiques ont été si importants que la faim et la malnutrition ont été contenues alors que depuis les années 1970, la population mondiale a augmenté de plus de 2 milliards d’individus. Or, nombreux sont les experts qui affirmaient que le monde courrait à sa perte. Mais les années 2007-2008 ont montré que l’équilibre était fragile puisque le nombre de malnutris a de nouveau crû.

L’avenir, c’est avec confiance et réalisme qu’il faut l’appréhender, en sachant que personne n’en détient les clés. L’évolution de la situation alimentaire mondiale résultera comme par le passé d’un ensemble de combinaisons de facteurs tels que la mise en culture des terres encore disponibles dans le monde (seules 38% seraient cultivées), l’exploitation des réserves de productivité et la généralisation des Ogm.

En revanche, la crise financière pourrait réduire le volume des capitaux disponibles pour investir et moderniser l’agriculture des pays développés (c'est-à-dire contracter l’offre) ou pour soutenir les agriculteurs des pays riches. Autre facteur à noter, le rythme auquel le climat va changer ou encore les nouvelles habitudes alimentaires.

La libéralisation des marchés est dans tous les cas un inévitable et elle apportera de bons résultats si elle est bien gérée.


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