Grande distribution Les enseignes étrangères s'attaquent au juteux marché alimentaire suédois

AFP

STOCKHOLM, 4 avr (AFP) - Les grandes enseignes mondiales de la distribution alimentaire s'attaquent depuis peu, mais avec agressivité, au juteux marché suédois, caractérisé par les prix les plus élevés de l'Union européenne et une structure oligopolistique en sursis.

La chaîne allemande de magasins à bas prix Lidl a récemment ouvert une brèche dans le pays nordique. Son compatriote Aldi, le britannique Tesco, le français Carrefour et l'américain Wal-Mart devraient lui emboîter le pas sans tarder, dans l'espoir de tailler des croupières aux enseignes historiques.\n Les Suédois payent leur épicerie 11% plus cher que la moyenne européenne. On impute fréquemment ce phénomène au niveau élevé des taxes et des coûts du travail et de transport, mais les autorités de la concurrence pointent, elles, le partage bien compris du marché entre une poignée d'acteurs : ICA, qui détient 37% de part de marché, Kooperativa Foerbundet (KF, 18%) et le groupe Axfood (17%).\n "Jusqu'à la moitié de la différence de prix peut être imputée au manque de concurrence", affirme ainsi à l'AFP l'économiste Karl Lundvall, de l'Autorité suédoise de la concurrence (KKV).\n Les nouveaux entrants éprouvent d'immenses difficultés à s'établir, les municipalités faisant traîner ou refusant les permis de construire en invoquant les nuisances causées aux riverains par les grands centres commerciaux (les hypermarchés sont minoritaires en Suède) ou la survie des petits commerçants.\n "Les trois acteurs ont appris les règles du jeu, mais, pour les autres, cela peut signifier un processus très long", selon M. Lundvall.\n Les groupes visés ont pleinement conscience des conditions particulières auxquelles ils doivent leur position. "Il y a eu des obstacles à l'implantation, aucun doute là-dessus", concède Janne Pettersson, directeur des relations extérieures du groupe ICA.\n Bon gré mal gré, il juge positive l'arrivée de nouvelles marques, qui permet de "créer des emplois, de faire baisser les prix et d'élargir l'offre".\n Selon les estimations, ICA, KF et Axfood enregistrent des marges comprises entre 3 et 4% du chiffre d'affaires, contre une moyenne de 1% sur le marché allemand, très concurrentiel.\n "La Suède doit ressembler au paradis" aux yeux des distributeurs étrangers, a titré le magazine financier Affaersvaerlden.\n Pour les consommateurs, les bienfaits d'une concurrence accrue sur le marché alimentaire procèdent de l'axiome commun à tous les secteurs commerciaux : ils peuvent "continuer à acheter où ils le font habituellement et quand même bénéficier de l'installation d'un nouveau magasin à bas prix puisque l'+ancien+ magasin baissera ses prix", affirmait récemment un rapport de KKV.\n Pour l'heure, les percées réalisées par les chaînes étrangères sont largement circonscrites au sud du pays et aux banlieues, où elles peuvent déployer leurs grandes surfaces sans trop gêner les voisins.\n Mais les premiers signes d'une offensive générale sur le grand Stockholm, où l'alimentation est 7% plus chère que dans le reste du pays, sont déjà perceptibles. Toujours en première ligne, Lidl a ouvert le mois dernier un magasin à Skaerholmen, une banlieue populaire du sud de la capitale.\n Le maire social-démocrate de Stockholm, Annika Billstroem, souhaite à cet égard qu'une part plus importante de la surface commerciale de la ville soit occupée par des magasins d'alimentation.



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