Elargissement Franz Fischler énumère les "problèmes" que poserait l'adhésion turque

AFP

BRUXELLES, 21 sept 2004 - Le commissaire européen à l'Agriculture Franz Fischler, opposé à l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne, a refait l'énumération mardi des "problèmes" et "difficultés" que poserait une intégration d'Ankara pour l'agriculture communautaire.

"En raison de sa taille, la Turquie représente les 10 pays actuels de l'élargissement et en Turquie, il y a certains secteurs où les prix sont très élevés et il faudra nous attendre à des problèmes en matière de revenus", a dit M. Fischler devant la commission de l'agriculture du Parlement européen. Il a pris pour exemple le cas des céréales, en relevant que les prix internes turcs étaient 30% plus élevés que dans l'UE.

Le commissaire a également souligné la difficulté inverse posée par la position très concurrentielle des agriculteurs turcs dans certaines productions comme les fruits ou les noisettes. "Il y aura un énorme problème de développement rural qu'il faudra résoudre", a-t-il ajouté. Il a en outre évoqué l'adaptation de la Turquie aux normes phyto-sanitaires et vétérinaires européennes. "Ce sont autant de problèmes auxquels nous allons être confrontés s'il y a élargissement (à Ankara)", a-t-il conclu.

M. Fischler a marqué récemment son opposition à l'adhésion de la Turquie en exprimant, dans une lettre à ses collègues de la Commission, ses "doutes" quant à l'ancrage "démocratique et laïque à long terme de la Turquie" et en estimant que la société turque était "beaucoup plus orientale qu'européenne". Il a par ailleurs estimé à 11,3 milliards d'euros le coût que représenterait l'intégration de l'agriculture turque dans l'UE, soit un chiffre plus élevé que pour l'ensemble des 10 pays entrés dans l'Union le 1er mai dernier.

"Je n'avais pas l'intention de faire des grandes vagues", s'est défendu Franz Fischler mardi, réaffirmant avoir seulement voulu apporter sa "contribution" au débat, avant la recommandation que la Commission doit publier le 6 octobre pour ou contre des négociations d'adhésion avec la Turquie. Devant les eurodéputés, le commissaire a refusé de "parler de politique générale" et n'a pas commenté l'ajournement de la réforme du code pénal turc, qui a provoqué ces derniers jours un début de crise entre Bruxelles et Ankara.



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