Union européenne/Mercosur Selon le Brésil, un accord ne changerait pas les revendications du G-20

AFP

BRUXELLES, 14 avril 2004 - La signature éventuelle d'un accord d'association et de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, et Uruguay) n'aurait pas d'influence sur les revendications du G-20 (animé par le Brésil) à l'OMC, a averti mercredi un diplomate brésilien.

Un éventuel accord Mercosur-UE cette année "ne lierait pas les mains des négociateurs du G-20" a assuré à l'AFP José Alfredo Graça Lima, l'ambassadeur du Brésil auprès de l'Union européenne. Le "niveau d'ambition" du G-20 dans l'actuel cycle de libéralisation commerciale à l'OMC "est très élevé", a-t-il dit. "Il ne va pas être réduit, et n'a pas besoin d'être réduit", a-t-il souligné.

Selon des sources européennes, l'UE s'apprête à proposer aux quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) d'écouler plus facilement leurs produits agricoles sur son marché, en contrepartie d'une plus grande ouverture de leur part aux biens industriels européens. L'objectif est d'arriver à boucler d'ici l'automne les négociations engagées depuis plus de quatre ans pour la conclusion d'un accord de libre échange entre les deux ensembles.

Pour la Commission européenne, un tel accord renforcerait les chances de relance des négociations multilatérales du cycle de Doha, en panne depuis l'échec de la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en septembre 2003 à Cancun (Mexique). Mais un compromis sur les bases proposées par Bruxelles pourrait braquer les pays anglo-saxons libéraux comme l'Australie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande, en enfonçant un coin dans l'alliance constituée par ces derniers avec le Brésil et l'Argentine au sein du "Groupe de Cairns".

Il pourrait aussi affaiblir le bloc du G-20, dans lequel le Brésil, avec l'Inde et la Chine, était l'un des plus actifs à réclamer le démantèlement des subventions qui constituent le socle de la politique agricole commune (PAC) de l'UE. Si l'UE présente une offre au Mercosur conditionnée à des éléments non liés à l'accès aux marchés, elle serait "simplement inacceptable", a toutefois souligné mercredi José Alfredo Graça Lima, écartant toute possibilité que le Brésil et l'Argentine se désolidarise du G-20 après un accord avec l'UE.



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