Cancun (Mexique) L'OMC presse l'UE et les Etats-Unis de s'entendre sur l'agriculture

AFP

MONTREAL, 29 juil (AFP) - L'Union européenne et les Etats-Unis ont été pressés lundi par l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et le Canada, hôte d'une réunion informelle ayant débuté lundi, de s'entendre pour réduire les subventions agricoles de manière à débloquer les négociations multilatérales en cours.

"J'attends que les pays les plus importants me disent leur position" sur la réduction des subventions agricoles, l'un des "sujets clés" des négociations, a déclaré le directeur général de l'OMC, le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, lors d'une conférence de presse.

"Il y a une ouverture" dans ce domaine, "mais il faut que les pays concernés fassent preuve de souplesse", a-t-il ajouté au premier jour des travaux des 25 ministres du Commerce réunis à Montréal pour tenter d'esquisser des compromis à un mois et demi de la conférence ministérielle plénière des 144 pays de l'OMC à Cancun (Mexique).

Celle-ci doit faire le point sur le cycle de négociations commerciales multilatérales lancé en 2001 à Doha (Qatar), avec le but d'apporter aux pays en développement (PVD) les "bienfaits" de la libéralisation des échanges.

Depuis Doha, aucun des grands sujets sur la table des discussions (agriculture, accès des pays pauvres aux médicaments, droits de douanes industriels) n'a fait l'objet d'un accord, alors que le cycle de libéralisation est censé s'achever fin 2004.

Or, de l'avis général des participants à la réunion de Montréal, le déblocage de la situation passe par un accord sur la réduction des subventions agricoles des pays du Nord, en particulier l'UE et les Etats-Unis, accusés de fausser la concurrence et de ruiner les économies locales au Sud.

"L'agriculture est le dossier clé de la négociation. Les pays en développement attendent beaucoup dans ce domaine", mais "l'Europe et les Etats-Unis jouent au jeu du "après vous, s'il vous plaît", a ainsi regretté lundi le ministre canadien du Commerce, Pierre Pettigrew.

"J'espère (qu'ils) vont jouer leur rôle de leader pour faire bouger les choses", a-t-il conclu.

A Doha, les pays de l'OMC s'étaient mis d'accord sur le principe de l'élimination à terme de ces subventions, en veillant à les diminuer "de manière substantielle" au cours du cycle de négociation.

Reste à déterminer à Cancun les modalités de cette baisse, qui font aujourd'hui l'objet des tractations entre la France et les Etats-Unis, et d'entretiens réguliers entre les représentants au Commerce américain, Robert Zoellick, et européen, Pascal Lamy, qui se poursuivaient lundi.

L'enjeu est de taille : donner aux PVD un signe de la bonne volonté des deux principales puissances commerciales mondiales, celles-ci espérant obtenir en retour des accords de libéralisation dans des domaines comme l'investissement ou la concurrence.

Cela concerne également le thème désormais très politique de l'accès des pays pauvres aux médicaments, qui sera abordé à Montréal puis, comme les autres sujets en discussions, négocié du 11 au 22 août au siège de l'OMC à Genève.

Sur ce point, M. Supachai a assuré que le texte de compromis signé par tous les pays sauf les Etats-Unis en décembre "allait demeurer".

Il a expliqué que les Etats-Unis et leur industrie pharmaceutique demandaient davantage d'assurance "sur la définition" des PVD pouvant bénéficier d'exemptions aux droits protégeant les brevets industriels pour qu'ils puissent importer des médicaments génériques bon marché en cas de pandémie.

Le sort des pays du sud a également été évoqué par plusieurs centaines de militants anti-OMC, qui ont manifesté dans la matinée contre les conséquences selon eux de la libéralisation des échanges sur les sociétés civiles. Plusieurs vitrines ont été brisées et quelques cent personnes arrêtées, selon la police.



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