OMC La reprise des négociations post-Cancun va commencer par l'agriculture

AFP

L'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a réuni tous ses pays membres mardi 14 octobre 2003 à Genève pour la première fois depuis l'échec de la conférence de Cancun, va reprendre les négociations en commençant par la délicate question de l'agriculture, a annoncé le principal négociateur.

"Dans la nouvelle phase de négociations que nous entamons aujourd'hui, nous commencerons par l'agriculture", a annoncé le président du Conseil général (organe exécutif) de l'OMC, l'ambassadeur de l'Uruguay Carlos Perez del Castillo. Le président s'adressait aux ambassadeurs des 146 pays membres réunis pour une séance informelle au siège de l'OMC à Genève, un mois exactement après l'échec de la conférence ministérielle de l'OMC à Cancun (Mexique).
L'agriculture n'avait pas même été abordée à Cancun dans la dernière ligne droite des discussions. Celles-ci ont achoppé sur les sujets dits "de Singapour" (concurrence, investissement, marchés publics et procédures douanières). Plusieurs grands pays en développement ont exigé que les pays développés démantèlent leurs subventions aux exportations agricoles, alors que les Etats-Unis et l'Union européenne n'acceptaient de le faire que sur certains produits d'intérêt spécifique pour les pays pauvres.
En réponse, les pays du "Sud" ont refusé l'ouverture de discussions sur les questions de Singapour que réclamait le "Nord". A Cancun, les ministres ont néanmoins donné à l'OMC jusqu'à la mi-décembre pour trouver un accord sur la relance du programme de négociations de Doha, qui doit être conclu au plus tard fin 2004. Outre l'agriculture, les négociations reprendront sur trois autres sujets cruciaux: le coton, l'accès au marché des produits non-agricoles et les sujets de Singapour, a précisé M. Perez del Castillo, qui s'est dit soucieux d'éviter de noyer les négociations dans les questions de procédure.
Toutes les réunions plénières prévues pour négocier de sujets spécifiques ont été annulées. Les discussions auront lieu d'ici la mi-décembre en petits groupes, plus propices à l'émergence de compromis, a-t-il indiqué. "Ces consultations viseront à savoir si nous pouvons nous rapprocher d'un résultat positif", a déclaré M. Perez del Castillo. "Nous savons que ce sera une tâche très difficile et nous ne nous faisons pas d'illusions sur les problèmes qui devront être surmontés".
Le président du Conseil général n'a pas voulu s'engager sur une éventuelle reprise du projet de déclaration finale, qui avait été rejeté à Cancun, pour servir de base aux nouvelles discussions. "Nous consoliderons le travail réalisé à Cancun", a-t-il simplement déclaré.
Dans un message lu aux délégués, le directeur général de l'OMC, Supachai Panitchpakdi, a estimé que malgré l'échec de Cancun, "des progrès considérables ont été accomplis" lors de la conférence. M. Perez del Castillo a indiqué qu'avec M. Supachai, il avait engagé une "série de consultations intensives" avec les pays membres depuis Cancun. Il s'est dit "encouragé" par ces consultations. "Nous avons ressenti une volonté de toutes les parties de se remettre au travail", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que cette volonté est "plus forte chez certains membres que chez d'autres".
Les Etats-Unis et l'Union européenne, qui ne se sont pas exprimés durant la réunion, semblent avoir adopté une attitude de retrait par rapport à l'OMC depuis Cancun. Washington dit privilégier désormais les accords commerciaux régionaux ou bilatéraux, tandis que Bruxelles réfléchit à une réforme du fonctionnement de l'OMC. "Il n'y a pas de preuve que les grandes puissances vont prendre l'initiative", indiquait-on mardi de source proche des négociations.



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