Vins/Recherche Retard dans la mise en place de l'Adar : l'ITV en manque de trésorerie

Ligérienne de Presse Terre-net média

L'Institut technique de la vigne et du vin (ITV) traverse actuellement une période difficile en terme de trésorerie. Financé à 75 % par la nouvelle taxe Adar (ex-Anda), il pâtit du retard dans la mise en place de l'Agence de développement agricole et rural, dont le décret de création n'est toujours pas paru. En rupture de trésorerie depuis le 15 octobre 2003, l'ITV a dû prendre des mesures d'urgence pour assurer le paiement des salaires de ses employés.

“Notre situation financière est très critique, pour ne pas dire plus. L'argent de l'Adar il est là, depuis des mois. Et pourtant nous sommes obligés de recourir à des découverts bancaires qui nous occasionnent des frais financiers pour pouvoir payer nos salariés.” Jean-Marie Bidault, directeur général de l'ITV, ne peut que déplorer l'aberration de la situation subie actuellement par l'Institut technique de la vigne et du vin. L'ITV est financé à 75 % par la nouvelle taxe Adar, qui a succédé en début d'année à l'Anda. Or, l'Adar, l'agence de développement agricole et rural, n'est toujours pas mise en place ! Cette instance chargée de répartir le produit de la taxe entre les différents instituts techniques, dont l'ITV, n'existe pas encore officiellement, et les fonds ne peuvent donc être attribués.
On se souvient qu'au début 2003, les viticulteurs avaient vivement protesté contre la création de la taxe Adar, assise sur le chiffre d'affaires des exploitations et non sur le volume des produits vendus comme c'était le cas avec la taxe Anda. Les organisations viticoles avaient même appelé à la grève du paiement de cette taxe, qu'ils estimaient trop élevée et mal répartie. Aujourd'hui les vignerons se sont pourtant acquittés de leur cotisation à l'Adar. Le montant du produit est estimé à 15 millions d'euros. En 2002, l'ITV avait reçu 6,1 millions de l'Anda. Mais cette année, rien ne va plus. “Nous n'avons pas reçu le solde 2002 de l'Anda qui se monte à 486 000 euros.
Un budget inférieur aux autres instituts techniques agricoles
L'ITV souffre du retard dans la mise en place de l'Adar et nous n'avons eu que deux subventions du ministère de l'Agriculture qui représentent 50 % de sa dotation 2002”, expose Jean-Marie Bidault. “Nous sommes en rupture de trésorerie depuis le 15 octobre. Nous avons obtenu de notre banque un découvert pour pouvoir assurer les salaires de décembre, mais après ?”. La direction de l'Institut est dans l'attente. “Le décret donnant naissance à l'Adar devrait paraître au Journal Officiel la semaine prochaine, précise le directeur général de l'ITV. La réunion du conseil d'administration de l'Adar se tiendra durant la deuxième quinzaine de novembre. Une seconde réunion devrait ensuite décider du paiement.”
A travers les problèmes budgétaires de l'ITV et le retard à l'allumage de l'Adar, c'est tout le financement de la recherche et développement de la filière viti-vinicole qui est concerné. La profession s'inquiète de la situation financière de l'ITV. Les membres du conseil de direction de l'Onivins notamment ont alerté les pouvoirs publics à ce sujet. Les représentants de la filière ont été reçus le 29 octobre par le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard. Le communiqué du ministère relatant la réunion ne fait aucune mention de l'Adar et des difficultés budgétaires de l'ITV.
En revanche, la rencontre a été l'occasion pour le ministre de présenter enfin l'audit sur la recherche, l'expérimentation et le développement de la filière viti-vinicole, initialement attendu vers la mi-septembre. Un rapport que Jean-Marie Bidault juge “intéressant et bien fait” : “il pose bien les problèmes et fait des propositions de financement. Mais il faut voir désormais si les pouvoirs publics et la filière vont y donner suite.” Ces dernières années, le budget de l'ITV a été de 3 à 5 fois inférieur aux budgets des autres instituts techniques agricoles.



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