Bretagne Les céréaliers inquiets pour leurs récoltes altérées par la pluie

AFP

RENNES, 25 août 2004 - Le mauvais temps des dernières semaines en Bretagne a fortement touché les récoltes de céréales, perturbant les moissons, altérant une partie des récoltes et faisant craindre aux céréaliers une saison aussi mauvaise qu'après la sécheresse de 2003.

Le blé est actuellement au coeur des préoccupations, mais la récolte de colza avait déjà souffert début juillet d'une forte tempête qui a couché une grande partie de la production. Des parcelles ont été égrenées juste avant la récolte, réduisant les rendements qui s'annonçaient prometteurs, explique Olivier Allain, secrétaire général de la FDSEA des Côtes d'Armor.

Pour les céréales, 20 à 40% des surfaces emblavées, selon les régions, n'avaient pas encore pu être récoltées au début de semaine, estime la Confédération paysanne de Bretagne. Dans les Côtes d'Armor, premier département à avoir donné l'alerte, 25% des surfaces de blé restaient non récoltées, soit environ 23.000 hectares, sur les 90.000 semés dans le département, selon M. Allain. "Pour ceux qui ont moissonné, c'est une année formidable, avec de bons rendements. Mais depuis le début du mois d'août, les pluies quasi-continues ont laissé seulement 6 jours pour moissonner", relève-t-il.

En Ille-et-Vilaine, on évalue entre 15% et 50% la surface de blés non récoltée, notamment dans le nord du département, selon Thierry Jolivet, de la FDSEA. "Ceux qui ont planté tôt, ont pu moissonner entre le 15 et le 30 juillet, mais les autres ont dû attendre la maturité des blés, et se retrouvent aujourd'hui coincés", confirme-t-il. Dans le Morbihan, les surfaces non moissonnées, concentrées sur le nord du département, sont estimées entre 30 et 50%, selon Michel Demon, de la FDSEA 56.

Enfin, dans le Finistère, où les périodes de récoltes sont plus tardives, Anne Lichou, de la FDSEA 29, évoque une situation plus grave que dans les Côtes d'Armor, avec "près de 50% de parcelles concernées dans le nord du département". "Non seulement la pluie empêche la récolte, mais les céréales couchées au sol depuis plusieurs semaines ont commencé à grainer et à germer", explique Mme Lichou. "La protéine est dans le germe, et un grain qui germe ne vaut plus grand chose", confirme Jean-Yves Tessier, président de la section céréales de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine. "Il faut que ce soit sec pour moissonner, mais les agriculteurs ne peuvent plus attendre 4 à 5 jours que le blé sèche car il se remet à pleuvoir aussitôt", déplore M. Tessier. "Tout le monde veut sauver sa récolte et moissonne désespérement dès que la pluie s'arrête, mais la qualité n'est pas là, à cause de taux d'humidité excessifs", ajoute-t-il.

Ainsi, les producteurs risquent de ne pas obtenir plus de 600 euros par hectare, contre 900 en moyenne pour une récolte normale, selon Alain Ollivier. "A partir de 15% d'humidité, on a des pénalités de qualité", précise Thierry Jolivet. "Pour les Côtes d'Armor, le taux d'humidité tourne à 30%. Une tonne qu'on vendait à 92 euros avec 15% baisse à 50 ou 60 euros pour 30% d'humidité", ajoute Olivier Allain. Les FDSEA et la Confédération paysanne ont fait part de leurs inquiétudes à la direction régionale d'Agriculture. Elles vont demander aux coopératives collectrices, ainsi qu'à l'Etat, la prise en charge des coûts de séchage du blé, et souhaitent le lancement d'une procédure de calamité agricole.



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