Alimentation Défaillance de Flodor sur un marché français de la chips mature

AFP

PARIS, 30 sept 2004 - Les chips n'ont plus la frite: Flodor qui a régalé des générations de Français est sur le point de déposer son bilan, victime d'une mauvaise gestion mais aussi d'un marché mature, investi depuis la fin des années 90 par des groupes étrangers, allemand et américain en particulier.

Cette semaine, Flodor qui emploie 185 personnes dans son usine de Peronne devrait être déclarée en cessation de paiement, le groupe italien Unichips, propriétaire de la marque française depuis 1991, ne voulant "plus mettre d'argent dans l'usine" en difficultés financières depuis plusieurs années. Célèbre pour ses "blondes à croquer", Flodor, créé en 1958, a détenu pendant plus de 30 ans la moitié du marché français des chips avant d'être confronté à partir des années 90 à des difficultés: arrêt de la production pendant plusieurs mois à la suite d'un incendie en 1992, succession de plans sociaux ramenant le personnel de 1.000 à moins de 200, tentative de déménagement de l'usine vers l'Italie à l'été 2003 et surtout manque d'innovations.

"Dominé depuis les années 90 par les marques de grands distributeurs (aujourd'hui 60% des ventes) le marché des chips est mature en France. Pour séduire les consommateurs, il faut innover, leur proposer des chips aromatisées, une niche qui a été bénéfique au provençal Sibell ou au breton Altho. Une piste que n'a malheureusement pas suivi Flodor", explique André Souteyrat, délégué général au Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). Si la consommation des chips salées a enregistré une hausse de 2,5% avec 58% du marché, celle des aromatisées a fait un bond de 10% (17% du marché). En revanche les ventes de chips à l'ancienne --32% du marché-- ont reculé de 9%/ Sur les linéaires des grandes surfaces, les marques des distributeurs sont encore numéro un mais elles subissent la concurrence de plus en plus vive du géant américain des "snacks" salés Pepsico (marques Crocky et Lay's) dont les ventes ont augmenté de 4,5% en 2003 ou du français Vico, tombé en 1995 dans la bassine de l'allemand Intersnack (24,3% du marché en hausse de 1% l'an dernier).

Aujourd'hui Flodor, qui exporte plus de la moitié de sa production en Italie, ne fournit plus que 5% de la consommation nationale qui dépasse les 40.000 tonnes par an, selon les chiffres fournis par la profession.\n Sibell qui a joué à fond l'aromatisé (olive, paprika, tomate, herbes de Provence) a augmenté sa production de manière spectaculaire depuis peu de temps, la portant à 3.500 tonnes pour les chips et à 600 tonnes pour les "snacks" au goût asiatique. A plus de 80% la production d'Altho, filiale du groupe agroalimentaire breton Glon, est destinée aux marques des distributeurs, a indiqué M. Souteyrat.

Avec 0,6 kilo par an et par habitant, les Français sont des petits consommateurs de chips. Les Américains, les plus gourmands en avalent 4,5 kilos et les britanniques 3,4 kilos. "En France la consommation des chips est très saisonnière, forte notamment durant les 3 ou 4 mois de l'été avec les pique-nique et les barbecues. En 1998 les ventes ont, par exemple, fait un bond spectaculaire pendant la coupe du monde de football", se souvient M. Souteyrat. Les chips ont été inventées en 1853 par le cuisinier de Cornelius Vanderbilt, magnat américain des chemins de fer, qui renvoyait à l'office les frites qu'il jugeait coupées trop grosses.



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