Réduction de dose Ultra bas volume

Nathalie Petit Terre-net média

Une technicité, un matériel adapté, la technique de l’ultra bas volume a fait ses preuves. Témoignage de François Malléa, exploitant à Lumigny, en Seine et Marne.

Obtenir une efficacité identique de protection des cultures avec une dose réduite par 5 ou 10 est une réalité qui porte un nom : la pratique de l’ultra bas volume. François Malléa, exploitant 207 ha de Scop à la ferme de Richebourg, à Lumigny (77) est un utilisateur satisfait de cette technique.

Fongicides, herbicides et insecticides, chez lui, l’ensembles des phytosanitaires est traité en bas volumes. « Je savais que la technique marchait. Je me suis renseigné et j’ai choisi d’investir dans le matériel adapté. Le bas volume permet de faire des traitements ciblés en réduisant fortement le coût des intrants pour l’exploitant. Après avoir commencé à traiter à 100l/ha, il m’arrive aujourd’hui de descendre au dessous de 30l/ha avec une efficacité équivalente, voire supérieure. »


Pour pratiquer les bas volumes, François Malléa a opté
pour un Spra Coupe (© B.N., Terre-net)

Le matériel employé est conçu pour une efficacité optimale de la matière active : un certain type de buses, une pression de pulvérisation très précise et des conditions d’intervention où la plante est très réceptive, c’est à dire dans une hygrométrie supérieure à 75%. Pour permettre une application de cette technique, François Malléa a acquis un automoteur d’origine américaine Spra Coupe. « Il est possible d’adapter les buses sur un pulvérisateur traîné, mais l’automoteur autorise de passer à des vitesses importantes, 21km/h, quand les traitements se font habituellement à des vitesses de 8 à 9 km/ha. Parfois, je mets plus de temps à préparer et remplir le pulvérisateur qu’à passer dans les parcelles. Il me faut 45 minutes pour intervenir sur 30 hectares. Intervenir à une hygrométrie élevée sous entend tôt le matin ou tard le soir. Ces vitesses de passage permettent de faire 60 ha dans la matinée et autant dans la soirée. »

François Malléa fait appel aux conseils techniques d’un consultant indépendant avec lequel il réalise les tours de plaine et décide de l’opportunité des interventions ainsi que des modulations de dose. Financièrement, l’exploitant a fortement réduit son poste de charges, en obtenant des rendements en céréales identiques à la moyenne locale. « J’ai un potentiel de 90 qx en blé que je n’atteins pas depuis deux ans. J’ai récolté 70-75 qx, conséquence directe du manque d’eau dans notre secteur. Mes voisins qui utilisent des doses classiques, des variétés  et des techniques de culture différentes ont obtenu ces mêmes rendements les deux années passées. »

Pour François Malléa, adopter la technique de l’ultra bas volume fait appel à une démarche intellectuelle. La barrière est beaucoup plus psychologique que technique. Les résultats sont là. Mais quand vous ou vos associés ont toujours pratiqué avec 200 ou 300 l/ha, il est plus difficile de désapprendre ses habitudes. « Ca m’a été plus facile dans la mesure où je me suis installé hors cadre familial. » S’agissant des risques de dérives, l’exploitant souligne qu’ils ne sont pas le fait de la technique mais de l’utilisateur et des conditions d’utilisation. « Ces risques existent quel que soit le mode d’application employé. J’ai une pression de pulvérisation réglée à 1,7 bars pour obtenir des gouttelettes ni trop fines  (risques de dérives) ni trop grosses (elle n’atteint pas sa cible). Nous sommes enfin très précis quant à nos conditions d’intervention. »


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