Canicule Cognac : la conservation des vins affectée

AFP

Des viticulteurs de Charente et Charente-Maritime s'inquiètent, à la suite des grandes chaleurs de l'été dernier, des problèmes de conservation d'une partie des vins de Cognac qui risque de se montrer impropre à la distillation.

Selon des professionnels interrogés par l'AFP, une trop forte teneur en sucre des raisins, liée aux températures excessives enregistrées durant les trois mois d'été, seraient à l'origine de ces difficultés. "Après fermentation, certains producteurs enregistrent des teneurs en sucre supérieures à 10 ou 15 grammes/litre quand la norme est de 2 g/l", indique Claude Gauthier, viticulteur et bouilleur de cru à Segonzac. "Des sucres résiduels et une acidité volatile trop importante posent un problème pour la conservation des vins et pour la distillation", ajoute-t-il.
Les vins "ne présentent aucun défaut majeur", rassure Valérie Viaud, de la chambre d'agriculture de Saintes. Toutefois, de nombreux producteurs s'interrogent sur la commercialisation de leur récolte. Celle-ci s'annonce par ailleurs moins abondante cette année, dans certains secteurs précis de la région, même si le Bureau national interprofessionnel du cognac évalue le rendement moyen à 110 hectolitres/hectare contre 120 l'an passé.
Philippe Gauthier, courtier en vins pour Hennessy et quelques petites maisons de cognac, estime à près de 30 % le volume d'échantillons refusés à la distillation par ses acheteurs. "Quant au vin de table, on ne peut même pas le négocier dans l'immédiat", précise-t-il.
De son côté, Philippe Boujut, président du Syndicat général des vignerons, se veut plutôt rassurant. "Il y a suffisamment de vins de qualité pour les eaux-de-vie de cognac qui n'utilisent que 52 % de la production", souligne-t-il. Selon lui, le problème, qui "est apparu en fin de vendange, ne concernerait que quelques cuves par chai". Il reconnaît toutefois qu'un problème financier se posera aux viticulteurs obligés d'écouler les vins altérés vers des destinations moins lucratives que le cognac ou le vin de table.
Des viticulteurs, dont la production a connu des problèmes fermentaires, "auront du mal à distiller, mais c'est une faible proportion", estime le directeur de la Station viticole du BNIC, Roger Cantagrel. Selon lui, la récolte 2003, dont la teneur moyenne en alcool atteindrait 10,5 degrés, est excellente.
Même constat à la Chambre d'agriculture de Cognac où Patrick Vinet, oenologue, qualifie de marginale la quantité de vins touchés par le problème de conservation et conseille de procéder rapidement à la distillation.



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