Beaujeu (Rhône) L'arrivée en fanfare du Beaujolais nouveau

AFP

BEAUJEU (Rhône, centre de la France), 20 novembre 2003 - Jeudi, 00H01, place de l'hôtel de ville, à Beaujeu : un énorme fût contenant le précieux nectar déchire le rideau de scène dans un nuage de fumée : "Le Beaujolais nouveau est arrivé!", scande, en détachant chaque syllabe, l'animateur saluant l'arrivée officielle dans les verres de ce vin primeur.

Le vin est aussitôt distribué aux premiers rangs d'une foule en liesse de quelque 15 000 personnes rassemblées en centre-ville. "C'est pas le meilleur vin, mais il est bon. C'est plus pour l'athmosphère", déclare en le goûtant, Katherine Macleod, venue d'Australie. Sur l'estrade, le député local, Bernard Perrut est plus enthousiaste : "C'est un grand millésime gorgé de soleil, le vin de la canicule".
Un peu plus tôt, un immense cortège brandissant des flambeaux, avait traversé la capitale historique du Beaujolais, au son de la fanfare, en suivant des brouettes remplies de sarments enflammés. Dans la foule, un homme a lancé : "Ce soir, le Beaujolais sert à boire au monde entier".
La soirée avait commencé sous un chapiteau, où s'étaient réunies, lors d'un dîner-spectacle, plus d'un millier de personnes de toute nationalité. Assises à une table, cinq Japonaises, grandes amatrices de Beaujolais nouveau, étaient les convives d'un caviste de Hokkaido (île du nord du Japon). Coiffée du canotier officiel de la soirée, Akiko Ikeda s'exclame : "tanoshii! ("je m'amuse"). J'aime le Beaujolais nouveau car c'est un vin léger ("karui")".
Témoin du succès du Beaujolais nouveau au Japon, premier pays importateur de ce primeur avec plus de sept millions de bouteilles, la présence de deux équipes de télévision japonaise. "C'est un vin à la mode, un vin de fête dont la stratégie de vente a bien fonctionné", explique Masatoshi Saito, journaliste de la chaîne de télévision privée TBS.
Parmi les convives les plus enthousiastes, Marcel Laplanche, grand chambellan de la confrérie des compagnons du Beaujolais, dont l'objectif est de promouvoir le vin du cru. Le Beaujolais nouveau "c'est de la joie qui se déguste du Japon jusqu'en Islande", s'exclame-t-il.
Plus loin, une femme déguisée en grappe de raisin : "le Beaujolais nouveau c'est convivial. Le seul souci c'est que les gens le confondent avec les crus", confie Alou Viornery, vice-présidente de l'appellation de Brouilly, un des 10 crus du Beaujolais.
Assis au fond du chapiteau, un groupe de russes qui ont découvert le Beaujolais nouveau il y a deux ans. "C'est un vin simple pour le peuple. C'est l'occasion de petites fêtes dans les cafés avec des concours de vin", raconte Janna Koutchoukyan. Venue d'Ekaterinbourg, à la frontière de la Sibérie, Olga Noskova, filme toute la fête au caméscope. "Magnifique", s'exclame-t-elle en français.\n Elle aime "tout" ici "surtout la fête". Elle a décidé pour la première fois d'assister au lancement du Beaujolais nouveau le jour J car à Ekaterinbourg, les bouteilles de vin primeur arrivent... trois semaines plus tard.



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