Le cheval de trait dans les vignes L'équusvinage fait son chemin

AFP

BEAUNE (Côte-d'Or), 9 août (AFP) - L'utilisation du cheval de trait pour l'entretien des sols dans le vignoble cherche à s'imposer comme une alternative douce et écologique aux techniques modernes de culture, accusées d'abîmer les précieux terrains.

Avec le soutien logistique de l'association "Traits de Génie", Abel Bizouard, installé à Sussey (Côte-d'Or), s'efforce depuis plusieurs années de promouvoir les chevaux auprès des viticulteurs et vignerons dans les différentes étapes de la production. "Les passages répétés des tracteurs provoquent un tassement au pied des ceps et un étouffement de la vie microbienne propre à appauvrir les sols", explique à l'AFP ce quinquagénaire.

En plus de sa qualité de prestataire de services agricoles, Abel Bizouard est éleveur de chevaux de trait et formateur au lycée vinicole de Beaune (Côte-d'Or). A la demande de plus en plus forte des viticulteurs, notamment en Languedoc-Roussillon, Alsace ou Val de Loire, il sillonne aussi la France avec sa jument auxoise préférée, Venise.

"Le travail que j'ai effectué sur la parcelle de la Romanée-Conti, en 1998, m'a permis de lancer réellement cette activité de prestataire", précise-t-il. De nouveaux débouchés s'ouvrent ainsi pour les chevaux de trait, les ânes et les mulets.

Au-delà, cette approche du rôle des animaux de traction dans les vignobles permet de participer à la sauvegarde d'un terroir viticole parfois malmené par les techniques modernes d'exploitation. Les différentes étapes du travail des sols peuvent en effet se faire de manière plus saine et en profondeur à l'aide de la charrue, sans produits chimiques.

Pour permettre aux viticulteurs de mettre en valeur les produits issus des vignes où Abel Bizouard intervient, une structure a été créée : "La confrérie de la vigne et du cheval de trait" où sont intronisés les viticulteurs qui pourront bénéficier du label "Equusvinage". Elle réunit pour le moment une dizaine de professionnels du vin à travers la France.

Le viticulteur agréé prend la qualité de "chevalier équusvin" et s'engage à se conformer à l'esprit la charte de l'équusvinage en utilisant un animal de trait dans son vignoble.

Pour informer le consommateur, une contre-étiquette numérotée est collée sur chaque bouteille issue de vignobles travaillés avec la traction équine. Elle comporte le logo de la confrérie et l'explication de la particularité du vin produit.

Actuellement, Abel Bizouard travaille sur un prototype de pulvérisateur monté sur un cheval qui permettra, à terme, le traitement des maladies de la vigne. Il a par ailleurs comme autre projet l'organisation sous l'égide de "Traits de génie" d'une session de formation aux techniques d'utilisation du cheval en milieu viticole.



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