Sud-Est La lavande provençale a mal résisté à la canicule

AFP

MARSEILLE, 22 août (AFP) - La lavande fait grise mine en Provence, où la sécheresse a provoqué une baisse de plus de 30% des rendements et affaibli les plants, dont certains devront être arrachés, selon les organisations professionnelles des producteurs du Sud-Est.

"Les rendements ont baissé de 20 à 45% à cause de la sécheresse", explique Marie Joubert, de la coopérative Parfum Provence Ventoux. "Dans les zones de montagne, la baisse est parfois de 50%", ajoute Maryse Milesi, présidente du syndicat des producteurs de lavande des Alpes-de-Haute-Provence, qui ont terminé leur récolte le 1er août avec quinze jours d'avance.

Mais pour Jean-Pierre Feraud, technicien plantes à parfum à la chambre d'agriculture du département, ce n'est pas le plus grave. "En raison de la sécheresse, les plants secoués par les machines au moment de la récolte risquent de connaître une augmentation de la mortalité", dit-il.

La lavande est en effet une culture pluriannuelle. Les plants vivent normalement sept ans en moyenne et n'atteignent un bon rendement qu'après deux ou trois ans. Or, "la sécheresse accentue le dépérissement de la plante", selon Maryse Milesi.

D'autant que les plants avaient déjà subi d'autres attaques. "Trois phénomènes se télescopent: il y a eu du gel au printemps, la sécheresse depuis mai et des attaques de chenilles", énumère Daniel Heertmans, de l'office national interprofessionnel des plantes à parfum.

"Les plants de trois ans sont les plus atteints, précise Maryse Milesi. Ils sont tellement gris qu'on a l'impression qu'ils sont morts. Mais il faudra attendre l'automne pour faire une évaluation des pertes, car les plantes repartiront peut-être".

Si tel n'est pas le cas, la canicule continuera de peser sur les prochaines récoltes. "Certains plants devront être arrachés, estime Marie Joubert. Cela aura des répercussions l'année prochaine".

Pour autant, la situation n'est pas catastrophique pour tous les producteurs, car certains avaient pu constituer des stocks.

La production se divise en effet entre la lavande (de tradition et hybride), utilisée en parfumerie, qui représente environ 70 tonnes par an, et le lavandin qui, avec 1.000 à 1.200 tonnes par an, sert surtout à l'industrie. Or, depuis trois ans, le lavandin français (90% du marché mondial) connaissait une surproduction, si bien que des quotas avaient été imposés.

"Ceux qui ont des stocks pourront compenser leur perte de récolte. Ce sont les autres qui auront des problèmes", résume Maryse Milesi.

Daniel Heertmans craint surtout les conséquences à long terme pour les producteurs de lavande, et non de lavandin. La France en importe déjà une cinquantaine de tonnes par an, notamment de Bulgarie. "Les acheteurs qui sont fidèles risquent de se tourner vers l'étranger où le produit est moins cher", affirme-t-il.



© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Contenu pour vous