Fédération nationale des producteurs de lait La négociation sur le prix du lait a échoué, des manifestations attendues

AFP

Par Christian CHARCOSSEY - PARIS, 22 jan (AFP) - La négociation sur la fixation du prix du lait a échoué, jeudi à Paris, ce qui risque d'entraîner des manifestations de producteurs dans les prochains jours.

La réunion entre les industriels privés, les coopératives et les producteurs n'a donné aucun résultat, ces derniers claquant la porte après plusieurs heures d'exposés des positions de chacun, sans qu'une véritable négociation ait commencé, ont rapporté les participants. Aucune nouvelle date de réunion n'a été fixée, ont indiqué les trois parties en présence. Seule une nouvelle rencontre avant la fin janvier permettrait de fixer le prix du lait pour le 1er trimestre 2004. Au-delà de cette date, les prix du lait seraient fixés librement, entreprise par entreprise, ont affirmé les transformateurs.


"Une baisse nette de 2% du prix du lait est nécessaire pour la Laiterie France" estiment, dans un communiqué commun, la FNIL (Fédération nationale de l'industrie laitière) et la FNCL (Fédération nationale de la coopération laitière). La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a jugé, auprès de l'AFP, comme une "provocation" l'attitude des entreprises qui ont proposé, selon elle, une forte baisse du prix du lait payé aux producteurs, estimée a environ 18 euros/1.000 litres, soit 6% à 7%, par rapport au prix actuel.

"Face à l'attitude de blocage des transformateurs, les producteurs vont être amenés dans les prochains jours à amplifier leurs actions. Il en va de leur survie", a menacé la FNPL dans un communiqué. "Le producteurs de lait ne peuvent plus supporter d'être le maillon sur lesquels les entreprises et les distributeurs se servent pour améliorer leur valeur ajoutée", souligne la FNPL. Pour la FNPL, "même si la moitié d'entre eux ne vit qu'avec moins de 800 euros par mois, les producteurs de lait et leur famille demandent à pouvoir vivre encore du lait demain grâce au prix de vente de leur produit". Selon la FNCL et la FNIL, "en France, pour la première fois en 2003 tous les marchés (de produits à partir du lait), à l'exception des produits frais" ont été "orientés à la baisse". "Nos principaux concurrents européens ont déjà pris en compte dès 2003 cette dégradation des marchés dans la fixation de leur prix d'achat du lait première. On note ainsi que s'est créé dans l'année 2003 un écart de 10 euros/1.000 litres entre le prix moyen français et les prix moyens allemands, néerlandais et belges", estiment la FNIL et la FNCL Après avoir connu une légère embellie en 2000 et 2001, le prix du lait payé aux producteurs est en baisse depuis neuf trimestres consécutifs, relève le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (CNIEL). Signé en novembre 1997, l'accord cadre - en fait une "recommandation" du "comité de suivi" du prix du lait qui était appliquée par toutes les parties - permettait de modifier celui-ci en fonction de la conjoncture et de limiter les variations avant qu'il n'expire fin 2003 en raison de la réforme de la PAC (Politique agricole commune). La France est le deuxième pays producteur européen de lait, avec 24 milliards de litres par an et 110.000 producteurs, derrière l'Allemagne (environ 26 milliards de litres).

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