Morvan La récolte du sapin de Noël bat son plein

AFP

MONTSAUCHE-LES-SETTONS (Nièvre), 21 novembre 2003 - Plus d'un mois avant les fêtes, le Morvan, première région de production, vit la frénésie de la récolte du sapin de Noël.

Dans les champs de cette région granitique située au nord du Massif central, des équipes de saisonniers et d'employés permanents coupent les conifères, taillent les troncs, ou placent les arbres dans des pots, puis les emmaillotent. Dans les cours des fermes, au bord des routes, des centaines de sapins, serrés dans des filets blancs, attendent d'être embarqués en direction des coopératives, des grands magasins ou du marché de Rungis.
Entre la mi-novembre et la mi-décembre, "c'est le rush", explique Vincent Houis, chargé de mission sapin de Noël au parc naturel régional du Morvan. "Les gens sont souvent étonnés de s'apercevoir qu'il faut jusqu'à dix ans pour le cultiver, car pour eux c'est un produit de consommation courte, mais ce n'est pas une rose", ajoute-t-il.
Les Français achètent entre six et sept millions de sapins au moment des fêtes. Plus d'un million proviennent du Morvan, où l'activité a été lancée en 1929. Dans cette région peu peuplée, elle apporte un complément de revenus non négligeable pour nombre d'agriculteurs. En tout, il existe une centaine de producteurs, dont c'est pour certains la seule activité.
Depuis l'année dernière, conscient de l'enjeu, le parc naturel régional, créé en 1970, a décidé de soutenir une filière peu structurée et peu connue. "Il n'y a jamais eu de recensement des surfaces ni de la production, les chiffres sont des estimations, tout est à faire", indique Vincent Houis. Ce dernier a été embauché en octobre 2002 pour mieux connaître la filière, l'encadrer et aussi tenter d'apporter des solutions à des problèmes écologiques.
L'exigence de la grande distribution est telle que la culture du sapin ressemble à celle du maïs, en particulier dans l'emploi de produits phytosanitaires et la consommation d'eau. En raison de certains problèmes écologiques (disparition d'une race particulière d'écrevisses, qui pourrait avoir succombé à la pollution), le parc naturel régional, dont la mission est de concilier la préservation de l'environnement et l'activité des hommes, va lancer une expérimentation au printemps 2004.
Sur une parcelle d'un hectare, une race de moutons d'origine écossaise, Shropshire, qui présente la particularité de ne pas aimer les résineux, va être utilisée pour éviter l'usage de désherbants. Des méthodes alternatives aux produits phytosanitaires vont également être mises en oeuvre. Si elle réussit, cette expérience pourrait même déboucher sur la production de sapins bio, comme dans les pays de l'Europe du nord.
En attendant, le parc promeut, via des affiches destinées aux vendeurs, "son" sapin de Noël. "En 2004-2005, on voudrait avoir une marque spécifique parc du Morvan", explique M. Houis.



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