Larzac 2003 Le rebond de José Bové au carrefour de toutes les luttes

AFP

PARIS, 9 août (AFP) - Moins d'une semaine après sa sortie de prison, José Bové a rebondi de façon spectaculaire au coeur de l'été, vedette d'un forum social voulant relier toutes les luttes contre la "marchandisation" de la société, nationales et internationales, et premier à donner le signal de la rentrée.

Parmi les militants contre la mondialisation libérale, paysans bio, pacifistes, intermittents du spectacle, syndicalistes de toutes obédiences, enseignants et fonctionnaires, le chef de file paysan et altermondialiste est l'invité surprise de Larzac 2003 en même temps que son organisateur numéro 1.

Avec un auditoire de plus de 100.000 personnes, le Robin des Bois de l'altermondialisation s'avance au milieu de la scène désertée du mois d'août, prenant de court tous les acteurs d'une rentrée dont il donne le ton en annonçant un mois de septembre "non pas chaud mais brûlant".

Alors que des journalistes du monde entier ont fait le déplacement à L'Hospitalet-du-Larzac, José Bové a d'entrée mis la pression sur le gouvernement, le sommant d'organiser tout début septembre "un grand débat sur l'OMC" afin d'exposer au grand jour la position de la France avant le sommet de l'Organisation mondiale du commerce, à Cancun au Mexique (10-14 septembre).

Le New York Times évoque ainsi un "Woodstock antiglobalisation" où la star est José Bové, "éleveur de moutons de 50 ans, leader syndicaliste et héros national pour son refus de courber l'échine devant la globalisation".

Quoi qu'il en soit José Bové ne s'interdit aucun domaine d'intervention. Agriculture, services publics, santé, culture: la libéralisation à l'ordre du jour de Cancun intéresse toute la sphère sociale et le leader de la Confédération paysanne entend tout mettre sur la table de la rentrée.

"A Seattle il y a quatre ans, personne ne croyait que nous pouvions faire échouer le sommet de l'OMC", rappelle-t-il, ajoutant qu'à Cancun, il est possible de "faire échec" aux projets de libéralisation.

Avant même le retour de vacances des grands responsables syndicaux, José Bové se positionne dans la foulée sur la scène sociale intérieure en présentant le rassemblement du Larzac comme "la jonction entre le mouvement social de ce printemps et ceux qui refusent la mainmise des multinationales sur l'agriculture, la santé, etc.".

La multiplicité des débats, la richesse culturelle et festive ainsi que l'afflux des participants font de Larzac 2003 la première des Universités d'été mais d'un genre populaire.

Interpellés par l'événement et sa figure de proue, les politiques ne restent pas indifférents.

Aux côtés de groupements de l'extrême gauche, les partis de la gauche officielle tiennent stand sur le causse, mais leur représentation est plutôt modeste.

De loin, la droite tend l'oreille au discours d'un leader inclassable qui semble créer en son sein un certain embarras.

Le porte-parole du gouvernement, François Copé stigmatise dans le Larzac 2003 "le retour d'une extrême gauche organisée" et une "nouvelle forme de conservatisme extrémiste".

Mais le ministre délégué au commerce extérieur, François Loos, reconnaît à la manifestation "le mérite de faire prendre conscience aux gens d'un certain nombre de risques".

Le député UMP de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan va jusqu'à créditer José Bové de poser "de vraies questions sur la mondialisation, le monde qu'on construit", jugeant qu il "mériterait d'être entendu".



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