Miel Les apiculteurs provençaux victimes du dessèchement de la lavande

AFP

MARSEILLE, 22 août (AFP) - "Je produis essentiellement du miel de lavande. Ma production a chuté de 70% et je ne sais pas du tout comment je vais pouvoir gérer la situation". Apiculteur du Vaucluse, Thierry Andrieu, est victime comme ses collègues des effets de la canicule sur la lavande, qui a privé les abeilles de nectar à butiner.

Le miel de lavande représente habituellement les deux tiers de la production des apiculteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, soit 2.000 à 3.000 tonnes sur une production totale de 3.000 à 4.000 tonnes, selon Patrick Rémy, président du syndicat des apiculteurs professionnels de Provence.

Cet été, la récolte de miel de lavande a chuté d'environ 75%, réduisant la production globale de 50 à 70% sur l'ensemble de la région et affectant très fortement les Alpes-de-Haute-Provence, dit-il.

"Cette année s'annonce catastrophique. La plupart des apiculteurs ont eu une production de miel de lavande nulle. Les producteurs les mieux lotis ont péniblement réussi à en produire 5 kilos par ruche", constate-t-il.

Ce miel risque de devenir un produit extrêmement rare et cher, selon lui. D'autant que la petite production de l'année précédente n'a pas permis aux apiculteurs de constituer des stocks.

"Pour produire le miel, les abeilles butinent les sécrétions nectarifères des plantes. Or, la sécheresse a eu pour conséquence de stopper la production de nectar des plantes par simple réflexe d'économie", explique Jean-Paul Faucon, chef de l'unité abeilles au sein de l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) à Sofia Antipolis (Alpes-Maritimes).

La situation est à peine meilleure pour les producteurs de miel de thym et de romarin qui ont vu leur récolte diminuer de moitié, sans pour autant formellement attribuer cette baisse à la canicule. Chez les apiculteurs sédentaires, seul le miel de bruyère blanche semble avoir résisté.

En revanche, les apiculteurs transhumants, moins nombreux, qui installent au printemps leurs ruches en moyenne et haute montagne pour produire du miel d'acacia et de sapin, ont connu un très bon début de saison, en avril-mai, avant les désastres de la canicule dès le mois de juin, selon M. Rémy.

Les apiculteurs transhumants ont cependant dû affronter un autre danger: "les feux qui ont ravagé la région, et principalement le massif des Maures, ont détruit plusieurs milliers de ruches", estime M. Rémy.



© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Contenu pour vous