Sud-Ouest Les chenilles attaquent

AFP

BORDEAUX, 4 sept (AFP) - Déjà éprouvées par la canicule et la sécheresse, les cultures du Sud-Ouest connaissent depuis plusieurs semaines une prolifération exceptionnelle de chenilles sur des milliers d'hectares de haricots verts et de maïs, mettant en péril récoltes et emplois saisonniers.

Cette "véritable catastrophe", selon certains professionnels, est à mettre au compte d'une seule espèce de chenilles de papillons de nuit, l'heliothis armigera ou "noctuelle de la tomate", qui a connu depuis le mois d'août une prolifération anormale.

"On connaissait déjà ce genre d'attaque, mais cette année, c'est sans précédent", note Sébastien Vaccari, un spécialiste de l'Union des producteurs indépendants de légumes destinés à l'industrie (Uniproledi), groupement exploitant plus de 6.000 ha de cultures contractuelles dans le grand Sud-Ouest.

Pour le Service régional de protection des végétaux (SRPV) de Bordeaux, dépendant du ministère de l'Agriculture, cette prolifération spectaculaire résulterait des fortes chaleurs enregistrées en juillet et août qui auraient raccourci le cycle de reproduction de la noctuelle mais qui auraient aussi rendu inactifs les insecticides.

Le Sud-Ouest a en effet connu des températures avoisinant 40°C, alors que, selon le SRPV, "à partir de 25°C, les produits phytosanitaires homologués sur ces cultures deviennent déjà bien moins efficaces".

Résultat : l'insecte a envahi entre 4.000 et 5.000 hectares de maïs doux et 4.500 ha d'haricots verts en Aquitaine -en particulier dans le Lot-et-Garonne- et dans l'est de la région Midi-Pyrénées (Lot, Tarn-et-Garonne, Gers et Hautes-Pyrénées).

Perforant haricots verts et plants de maïs, les chenilles ont progressivement rendu intransformables les récoltes de ces deux cultures essentiellement destinées, dans le Sud-Ouest, aux conserveries.

"Depuis le 20 août, la plupart des récoltes sont perdues et des centaines d'hectares de récoltes ont été détruits sur pieds", assure Sébastien Vaccari.

Les récoltes de haricots verts et de maïs étant étalées dans le temps (de juillet à septembre) pour approvisionner le marché, il est encore difficile de mesurer l'ampleur des dégâts, soulignent les professionnels qui comptent sauver les récoltes de septembre.

Pour lutter contre la noctuelle, les producteurs ont en effet demandé et obtenu l'homologation d'un produit phytosanitaire à base de méthomil, employé habituellement pour d'autres cultures. Ils devront cependant attendre 15 jours après l'épandage avant de pouvoir récolter.

Du côté des industriels, les dégâts de la noctuelle se font durement ressentir, comme chez Sud-Ouest Légumes (SOL), société détenue à 50% par le groupe Bonduelle, qui a dû mettre au chômage technique près de 250 personnes, saisonniers ou CDD, dans ses usines de Villeneuve-sur-Lot (Lot et Garonne) et Labenne (Landes).

"C'est une catastrophe qui s'ajoute à la canicule et à la sécheresse", conclut un professionnel, rappelant que les conditions climatiques de l'été ont freiné le développement des plantes et fortement réduit le volumes des productions agricoles.



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