Rapport de la Fao Les femmes et la pêche : omniprésentes et invisibles

Afp

Paris, 21 mai 2015 (AFP) - Les femmes qui représentent la moitié de la main-d'œuvre dans le secteur de la pêche et de l'aquaculture restent cantonnées aux tâches subalternes, ni déclarées ni rémunérées parfois, omniprésentes mais invisibles, selon le rapport de la Fao.

Toutes activités confondues - pêche à bord, aquaculture, transformation et distribution - le secteur emploie environ 120 millions de personnes à travers le monde dont une sur deux est une femme, selon le rapport de Globalfish, département Pêche de l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (Fao).

Ce secteur (165 millions de tonnes en 2014) dont les prix se maintiennent, assure 20 % de l'apport en protéines animales dans les pays les plus démunis, avec une croissance constante de l'aquaculture qui devrait enregistrer une progression de 5 % cette année, selon la Fao.

« On retrouve les femmes surtout dans les activités de transformation et de négoce », de la mise en boîte des sardines dans les ports bretons au commerce du chinchard sur les marchés africains, note l'auteur, Marie-Christine Monfort, économiste experte dans les questions de commercialisation des produits aquatiques. 

En revanche, elles sont très peu présentes à la source de la pêche industrielle - un peu plus en pêche artisanale, surtout intérieure, pratiquée eventuellement depuis le rivage. « On compte 1 % de femmes à bord des navires industriels français, 12 % en Islande », indique-t-elle à l'Afp, en avançant une explication simple : « Bien sûr, il vaut mieux être solide physiquement, mais ce qui est vraiment rédhibitoire, c'est le tabou : dans beaucoup de pays, la femme porte malheur à bord, elle n'est pas la bienvenue ».

A terre, le plafond de verre qui entrave la progression sociale des femmes « est particulièrement bas » dans le secteur : elles sont très rares à occuper des postes de direction dans de grandes organisations ou entreprises de pêche.

« Parmi les 100 premières sociétés de pêches mondiales, dont 30 sont japonaises, une seule, japonaise, est dirigée par une femme. Mais si on creuse un peu, la situation au Japon n'est pas plus brillante » qu'ailleurs, indique Marie-Christine Montfort.

Les conseils d'administration sont à peine plus ouverts : 33 % de femmes dans les postes de direction en Norvège, mais 7 % en Islande et 5 % aux Etats-Unis et France et au Japon 2 %... « Si on compare aux entreprises du Cac 40 (en France) ou du Footsie (à Londres), le secteur de la pêche est partout en retard sur les autres ».

Surtout, l'experte a constaté le manque de données quantitatives comme qualitatives sur le sujet : sur six pays étudiés en détails - Croatie, Egypte, France, Inde, Sénégal et Islande - « les mieux documentés sont l'Islande et le Sénégal ».


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