Agriculture biologique Le marché vert ne connaît pas la crise

Elise De Brouwer Terre-net média

Malgré un contexte économique difficile, le Baromètre annuel de l’agence Bio, vient de publier les chiffres de son enquête, réalisée en octobre 2008, qui confirme l’expansion du marché des produits issus de l'agriculture biologique en France.


Le vin est le produit bio
qui a le plus attiré de nouveaux consommateurs en 2008.
(© Terre-net Média)

Résistant aux pressions du pouvoir d’achat, le marché du bio a réussi à se frayer un chemin parmi les habitudes des consommateurs.

Car malgré  une conjoncture économique  très difficile, les Français penchent tout de même de plus en plus vers une consommation engagée,  et ne trouvent pas anormal de  payer les produits bio plus chers( quatre Français sur dix ).  D'ailleurs, la majorité de ces acheteurs-consommateurs affirment  qu'ils comptent maintenir leur habitude voire même de les augmenter.

Quand qualité rime avec santé

Cette démarche s'inscrit avant tout dans un mouvement pour préserver son capital santé, ensuite  «pour la qualité et le goût des produits», et enfin  «pour être certain que les produits soient sains». 90% des Français ( contre 87% en 2007) pensent que les produits issus de l’agriculture biologique sont « plus naturels car cultivés sans produits chimiques » tandis que 89% (contre 87% en 2007) pensent qu’ils « contribuent à préserver l’environnement ».Si une partie des fidèles pense qu’il faut continuer de développer ce type d’agriculture, plus de la moitié estime que c’est une solution d’avenir face aux problèmes environnementaux et en réclament davantage hors de leur domicile, comme dans les cantines et les restaurants.

Pour répondre à  la demande croissante, les lieux d'achat se multiplient. Les petites boutiques  font place aux supermarchés bio et les clients ne cessent d'élargir leur consommation devant ce choix de produits grandissant. Et pour s'y retrouver dans les rayons, les consommateurs s’appuient sur le label AB, pionnier en matière d'agriculture biologique. 85% des Français connaissent désormais le célèbre logo vert, gage de qualité.

Les aliments les plus consommés sont les fruits et légumes, ensuite les produits laitiers, les produits d'épicerie, la viande, le pain et les boissons (voir encadré).

Le produit phare qui a attiré le plus de nouveaux consommateurs reste le vin fait avec des raisins issus de l'agriculture biologique (29% de consommateurs en moins d'un an).

Palmarès des produits achetés par les consommateurs du bio

 77% fruits et légumes

70% produits laitiers

 56% produits d’épicerie

 49% viande

 42% pain

 40% boisson

Nouvelle réglementation depuis janvier

Devant cette démocratisation du bio, la loi se veut encore plus stricte. Ainsi, la nouvelle réglementation européenne en matière d'agriculture biologique est entrée en vigueur le 1er janvier 2009, englobant des dispositifs d'action qui s'échelonneront sur plusieurs années. Certains fondamentaux sont bien évidemment maintenus comme l'interdiction d'utiliser des Ogm, des produits chimiques de synthèse, des traitements ionisants  et les systèmes de contrôle et de certification des produits.

Les  décisions prises visent surtout  à harmoniser les normes européennes pour plus de transparence du producteur au consommateur. 

Ainsi, l'étiquetage des emballages doit être plus précis et obligatoire d'ici juillet 2010. D'abord sur l'origine géographique des ingrédients, puis, en faveur d'une meilleure lisibilité sur l'origine biologique et non biologique des aliments. Rappelons que la loi prévoit que 95% des produits étiquetés sous le label AB doivent se composer d'au moins 95% d'ingrédients bio, si les 5% restants ne le sont pas, comme l'eau ou le sel,  cela devra être mentionné plus distinctement sur l'emballage.

Dorénavant, chaque opérateur fera l'objet d'un contrôle spécifique au moins une fois par an en plus des contrôles officiels

Concernant les modalités de contrôle et d'échanges avec les pays-tiers de l'Union européenne, la liste des organismes certificateurs sera complétée en vue de revoir le régime actuel qui repose sur la demande d'autorisation d'importation au cas par cas.

D'autres dispositifs  viendront compléter cette nouvelle réglementation qui n'est pas figée, notamment en matière  d'élevage de volailles, de procédés de transformation autorisés ou interdits, et le mode deproduction pour l'aquaculture, la viticulture et les algues marines.


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